Après le sommet d’Athènes des leaders socialistes

par · 7 mars 2011

Les 4 et 5 mars derniers, les leaders socialistes européens étaient réunis à Athènes pour une rencontre sur la situation politique dans l’Union. C’était l’occasion pour Martine Aubry et les autres dirigeants de partis membres du PSE de proposer une alternative à une Europe conservatrice avec une stratégie pour l’emploi, la croissance juste et le progrès social.

Ce travail va continuer dès demain avec la troisième rencontre bilatérale PS/SPD qui se tiendra à Paris.

Dans la social-démocratie européenne, les convergences se font sur des positions plutot proche de celles du PS français. Les conséquences de la crise nous donnent raison comme l’ont également montré les revers électoraux des tenants de la 3e voie en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Aujourd’hui, les principes fondateurs mêmes de l’Union européenne que sont la solidarité et la communauté de destin sont menacés par les conservateurs européens emmenés par le duo Sarkozy-Merkel et soutenus par Cameron et Berlusconi. Ceux ne voient les choses qu’en termes de concurrence entre les États et les citoyens. Ils veulent institutionnaliser l’austérité et affaiblir nos modèles sociaux ainsi que nos systèmes de protection sociale.

L’alternative social-démocrate repose sur la solidarité, la justice sociale, l’égalité, y compris entre les hommes et les femmes, et la responsabilité. Elle est aussi fondée sur le respect de la démocratie et le rejet de toute forme d’extrémisme.

Cette alternative repose sur cinq grandes propositions :

1. Une croissance nouvelle et juste. Par l’amélioration de la compétitivité, qui est une condition essentielle au renforcement de la croissance. Par la définition d’une véritable politique industrielle européenne, d’une stratégie de coordination de l’investissement et de la réglementation pour être plus intelligente, plus verte et plus inclusive. Par une politique plus ambitieuse en matière d’innovation d’éducation et de formation. Par l’amélioration des conditions de travail et le suivi de la restructuration industrielle.

2. Un Pacte européen pour l’emploi et le progrès social pour une croissance juste doit être mis en œuvre, de manière à créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité et à combattre les inégalités. Les États membres ont besoin de nouvelles marges de manœuvre financières pour investir dans une éducation de qualité, dans des systèmes de formation, dans l’innovation et dans des secteurs à forte intensité de main d’œuvre tels que les technologies vertes, la santé et les soins. Des politiques spécifiques doivent être mises en place pour lutter contre le chômage des jeunes et contre la discrimination des jeunes sur le marché du travail. Les systèmes nationaux de sécurité sociale doivent être préservés et renforcés par l’adoption de normes sociales minimales comme un revenu minimum, un salaire décent et la qualité du travail.

3. Des investissements stratégiques, pour sortir de la crise de l’emploi, et mettre en place un nouveau modèle de croissance juste. De nouveaux instruments fiscaux, tels que la mise en place d’une taxe sur les transactions financières ou une fiscalité écologique, permettraient de générer des revenus supplémentaires pour l’investissement. Par exemple une taxe sur les transactions financières génèrerait 200 milliards de revenus supplémentaires par an. Il s’agit d’une taxe juste, qui n’affecterait pas les citoyens, mais uniquement les marchés financiers, et surtout les spéculateurs.

4. Une politique budgétaire de l’Union pour gérer la dette publique de la zone euro et développer son pilier économique de façon équitable. La croissance de notre économie et la création d’emplois permettront d’augmenter les recettes fiscales et de réduire les dépenses publiques affectées aux prestations. Il faut mettre en place un mécanisme de secours pour la zone euro et renforcer la cohérence interne de celle-ci. La zone euro pourrait aussi bénéficier de la mise en place d’un mécanisme, par exemple d’une agence de stabilité qui émettrait des eurobonds en vue d’une gestion commune de la dette publique. Il faut aussi améliorer la coordination des politiques économiques nationales, y compris les politiques budgétaires et fiscales, afin de pouvoir profiter de tous les avantages de l’euro en termes d’emploi et de croissance.

5. Changer les les règles qui régissent l’UE. Afin de rendre possible la régulation financière. Nous avons besoin de règles fiscales intelligentes qui laissent la place à l’investissement et à des politiques contracycliques.

Voilà sur quoi les leaders sociaux-démocrates européens se sont engagés et sur quoi, dès demain, socialistes français et sociaux-démocrates allemands se mettront à travailler.

catégorie Europe, Parti Socialiste