N’oublions pas Djibouti

par · 18 mars 2011

Alors que le Printemps arabe représente un formidable espoir de démocratisation et d’émancipation des peuples, le Parti socialiste s’inquiète du durcissement de la situation à Djibouti.

L’opposition politique y survit dans des conditions très difficiles, alors que la mise à l’écart de la presse internationale rend très difficile la collecte d’éléments objectifs et inquiète au plus haut point. Le silence du gouvernement français, alors même que notre pays y possède une base où stationnent 3.600 soldats, n’est pas acceptable.

La France doit demander le respect des droits humains en général, mais aussi des droits de l’opposition politique et de la liberté de la presse.

 

 

Les commentaires4 Commentaires

  1. C’est rare d’entendre un politicien français s’exprime ouvertement sur la situation djiboutienne. Nous vous remercions pour votre réaction et surtout à un moment essentiel de l’histoire de Djibouti.

    Salutations et merci encore.

  2. Aicha DABALE dit :

    Bravo à Cambadelis, et au parti socialiste qui a souvent dénoncé les violations des Droits humains à Djibouti. Je me rappelle de la visite du ministre de la coopération, Charles Josselin, aux grévistes de la faim que nous étions en avril 1999, déjà pour dénoncer les arrestations arbitraires et les conditions de détention des prisonniers politiques, à la veille de l’accession au pouvoir d’Ismael Omar Guelleh. Depuis les violations massives des droits de l’Homme n’ont jamais cessé. Les populations des régions du nord et du sud ouest vivent un véritable calvaire, (viols des femmes, exécutions extrajudiciaires, arrestations et tortures) accusés de soutenir le FRUD. Face à des manifestations monstres de l’opposition qui se sont déroulées fin février et debut mars, le pouvoir ne lésine pas sur les moyens répressifs, arrestations (un grand nombre de personnes sont encore détenues dont la plupart ont été torturées).

    L’Observatoire pour le respect des droits humains à Djibouti (ORDHD), a lancé des appels aux organisations de défense des Droits Humains et à la Croix Rouge internationale, pour l’accès aux soins de plusieurs détenues, torturées et gravement malades. L’Organisation Mondiale contre les Tortures (OMCT) a lancé des appels pour que des détenus gravement malades (Mohamed Ahmed Jabha, Mohamed Satta, et abdi Houssein Omar) soient hospitalisés d’urgence…

    Actuellement un Collectif de soutien aux prisonniers politiques s’est constitué, nous sollicitons votre soutien.

    Aicha Dabalé
    Observatoire pour le Respect des Droits Humains à Djibouti

  3. Cher Monsieur Cambadélis,

    Je joins la voix de mon parti UGUTA-TOOSA et du Collectif pour la Démocratie à Djibouti (CODED) dont je suis en charge de la coordination, à celle de M. Jean-Loup Schaal, pour vous dire combien votre communiqué nous réchauffe le cœur.
    Le peuple djiboutien djiboutien se bat dans le plus grand isolement contre un régime doté des moyens de répression sophistiqués dans un petit pays où 75% de la population active est au chômage et la pauvreté extrême affecte 45% des foyers.
    Pourtant Djibouti reçoit en moyenne, sous forme d’aide publique, plus de 1000 euros par tête d’habitant mais cet argent est détourné par le président et sa famille. Djibouti enregistre un taux de croissance économique de 5% par an mais les retombées de cette croissance économique sont nulles sur le plan social.
    La République de Djibouti a sa tête le régime le plus répressif du continent africain après l’Erythrée. Parmi les Etats francophones, c’est l’Etat le plus fermé en matière de libertés publiques.Depuis début janvier, plus de 1000 Djiboutiennes et djiboutiens ont fait l’objet d’interpellations. A la suite de la manifestation du 18 février 2011 (30.000 personne sont descendues dans la rue), plusieurs centaines de manifestants ont été emprisonnés, torturés ou et sont encore détenus arbitrairement et sans jugement dans des centres de détention à Djibouti-ville. Voilà le sort de notre pays.

    Après trente trois ans de dictature, le peuple djiboutien aspire à créer un Etat de droit dans son pays C’est une aspiration légitime que le gouvernement français devrait soutenir.

    Merci pour votre témoignage. Cordialement.

    ali coubba

  4. Peu d’hommes politiques ou d’élus s’intéressent à la situation à Djibouti et je vous remercie de votre déclaration, en souhaitant qu’elle soit médiatisée largement.
    En effet, la situation est grave : le régime emprisonne tous les opposants et les torture. Nous avons diffusé une liste de plus de 50 prisonniers politiques, membres de l’opposition et cette liste est loin d’être exhaustive.
    Le régime, l’un des plus tyranniques d’Afrique, asservit la population en limitant progressivement tous ses droits et en l’appauvrissant : 1 famille sur 4 n’a qu’un repas tous les deux jours !
    Pas de média libre, pas d’opposition, des services de police parallèle qui espionnent ..
    Et pourtant la France est présente avec (encore env. 2.000 hommes) dans ce petit pays d’env. 800.000 habitants et elle ferme les yeux … aucune critique contre le régime !!! Merci à vous de continuer à renforcer les actions d’information de l’opposition, des comités pour le soutien des prisonniers politiques et notre mission de sensibilisation de l’opinion mondiale.
    On compte sur vous !