Audition de Messieurs Alain Juppé et Gérard Longuet par la Commission des Affaires étrangères

par · 5 avril 2011

Intervention de Jean-Christophe Cambadélis

Messieurs les ministres,

Laurent Gbagbo devait s’en aller, vous avez résumé la position de la France.

Mais maintenant L’intervention de la France s’appuie sur la résolution 1975 du conseil de sécurité à la demande de la France et du Nigéria, elle date du 30 mars dernier. Si c’est bien cela, pourquoi avoir attendu ? Les frappes préventives auraient protégé le travail de nos soldats.

D’ailleurs Monsieur Coulibaly, ambassadeur de France nommé par Monsieur Ouattara a dénoncé la timidité de la France et de l’ONU.

Si la France n’a pas voulu donc agir dans la précipitation, qu’est ce qui a conduit à un changement, disons de ton, si vous me permettez l’expression ?

Serait-ce une demande de M. Ouattara ? Cela semblerait normal, étant donné nos accords avec un pays dont nous reconnaissons le président.

Mais alors pourquoi exhiber la demande des Nations Unies ?

Nous ne vous reprochons pas de vouloir peser dans le sens de la démocratie. Mais autant le dire. Encore que nous ne bombardons pas tous ceux qui s’accrochent au pouvoir après les élections, sinon pourquoi M. Mugabe au Zimbabye n’est pas sur la liste ?

Monsieur le Ministre d’état, ministre des affaires étrangères, vous avez dit dans l’hémicycle, la France intervient pour défendre l’état de droit, très bien ! Vous conviendrez que l’état de droit est aussi à défendre au Bahreïn, en Syrie ou au Yémen où nous n’intervenons pas et je ne vous le reproche pas.

Vous nous dites la reddition de M. Gbagbo est une question d’heure, très bien. Vous en savez plus que nous.

A l’aube de l’installation de Monsieur Ouattara, pensez-vous que la France puisse peser pour qu’un gouvernement d’union nationale ?

Ne pensez-vous pas qu’il faille immédiatement désarmer toutes les milices ?

Ne pensez-vous pas qu’il faudrait d’urgence condamner les massacres de Duékoué ?