Gbagbo arrêté, la France impliquée

par · 11 avril 2011

En fin de compte chacun aura eu ce qu’il voulait. La France protégeant ses ressortissants coincés dans un conflit où chaque jour elle était provoquée ; protégeant Ouattara tout en tentant de rester dans le cadre des résolutions des Nations unies qu’elle avait elle-même suggérées. La France de Sarkozy souhaitait, quelqu’en fut le prix, en sortir vite.

Voilà c’est fait. L’offensive contre Gbagbo a eu lieu hors mandat très exactement comme le voulait Laurent Gbagbo. Ce dernier acculé, sans moyens ni porte de sortie se fait cueillir sans gloire à la porte de son palais.

Il a comme seul réconfort de tomber via l’ancienne force coloniale, n’ayant pas capitulé. Chacun a eu ce qu’il voulait ou pouvait. Reste que le président Ouattara doit sa victoire finale à la France dans un pays dévasté, lu-même soupçonné de crimes de guerre dans l’ouest du pays.

La sécurisation d’Abidjan, le désarmement des milices, le gouvernement de réconciliation nationale, les crimes d’où qu’ils viennent punis, la Côte d’Ivoire aux Ivoiriens… Voilà qui ne sera pas simple à obtenir.

Quant à la France, elle se voulait impartiale, elle a choisi son camp. Nul doute que la proximité passée de Sarkozy et de Ouattara alimentera bien des ressentiments ou des fantasmes.

Les commentaires4 Commentaires

  1. BOHELAY Philippe dit :

    Cher camarade, je voudrais te remercier pour ce commentaire qui sans rester neutre n’accrédite pas la politique de Sarkozy en Côte d’Ivoire. Au regard du mensonge d’état relayé par une presse très complaisante (sur les massacres commis par les troupes de Ouattara, sur l’assassinat du ministre de l’intérieur, sur les disparitions en cours, sur l’assassinat de mon ami Philippe Rémond à Yamassoukro, etc…), je trouve cette position courageuse, comme l’avait été ton voyage en Côte d’Ivoire, attaqué bien injustement. Au delà des vieilles histoires et des anciennes querelles, je me dis que tu es très utile pour le parti. Bien à toi. Philippe Bohelay (adjoint au maire de clermont-ferrand).

  2. topaz dit :

    En 2006 le sursaut militant n’a pas eu lieu. En 2011 le ralliement escompté semble en péril. Les sympathisants associés aux militants dans le vote de la primaire produiront-ils un sursaut de la gauche dans les urnes ? Nul ne le sait. Aujourd’hui on a envie de rappeler à DSK un mot qu’il affectionne et qu’il sait -mieux que quiconque- pratiquer au quotidien : « anticipation » …

  3. topaz dit :

    @ Camba – Bonsoir – Vous êtes au coeur du volcan et les têtes pensantes d’RSCG en pleine action. Depuis 2002 j’observe humblement les méandres et contorsions du PS. Ce qui se passe inquiète. En 2006 Ségolène avait pris de l’avance, elle l’a conservée alors que personne n’y croyait. Il n’est pas question -ni pour le PS, ni pour DSK, ni pour la France- de revivre un tel scénario. La contre-offensive c’est vous, la partie d’échecs se complique mais nous avons un champion. Il faut qu’il gagne.

  4. topaz dit :

    Le PS va bientôt célébrer l’anniversaire des 30 ans … d’un grand soir de mai 1981. Un symbole ou un hasard qu’au printemps 2011, un autre François qui s’y prend aussi tôt que le premier s’y est pris tard … semble s’installer dans le paysage. Take care.