Interview à dixneuinfo.com

par · 10 juin 2011

Jean-Christophe Cambadelis est député de la 20e circonscription de Paris, qui comprend une très grande partie du 19e arrondissement. Ce très proche de Dominique Strauss-Kahn, a répondu (par écrit pour cause d’agenda chargé) aux questions de Dixneufinfo.com. Il évoque la situation très difficile de l’ex-directeur du FMI, mais aussi 2012 et le Parti socialiste. Jean-Christophe Cambadelis remercie les habitants du 19e de leur soutien.

Dixneufinfo.com : Avez-vous régulièrement des nouvelles de Dominique Strauss-Kahn ?

Jean-Christophe Cambadelis : Régulièrement c’est beaucoup dire… Je l’ai eu mais il ne passe pas son temps au téléphone avec la France.

Quel est son état d’esprit ? Comment fait-il face à la situation ?

Il est combatif mais je le sais triste, dans un pays lointain, coupé de ses amis, face à une procédure juridique, médiatique qu’il ne maîtrise pas, qui lui est étrangère, et des accusations qu’il réprouve.

Aujourd’hui alors que les arguments de la défense ne sont pas encore connus, croyez-vous toujours à son innocence ?

Je crois en son innocence. Je crois qu’il n’est pas coupable des faits qui lui sont reprochés. J’espère qu’il aura un procès équitable et qu’il pourra dire sa vérité.

Croyez-vous que l’on puisse se remettre politiquement d’une telle situation ? Même si Dominique Strauss-Kahn est jugé non coupable.

Rien n’est impossible, mais avouons que cela sera difficile. En tous cas pas dans les délais de cette élection présidentielle.

Face au véritable choc ressenti par de nombreux français, avez-vous eu des contacts sur ce sujet avec les habitants du 19e ? Vous ont-ils fait remonter leur indignation, leurs interrogations ou leur soutien ?

Il y a eu un formidable mouvement de solidarité dans le pays et le 19e arrondissement. J’en profite pour remercier les habitants du 19e.

Avez-vous reçu le soutien des élus parisiens ?

Bien sûr ! Et même au-delà du Parti socialiste et pour être honnête au-delà de la gauche.

Aujourd’hui, même si c’est douloureux, avez-vous tourné la page de DSK à la tête de l’Etat ?

Oui mais c’est encore douloureux. Même si il y a d’autres drames vécu par nos concitoyens.

Cette situation inédite, va-t-elle perturber la campagne des socialistes pour 2012 ?

Je ne crois pas. Les Français font la distinction entre ce qui relève d’une affaire privée et ce qui est du domaine politique.

Avez-vous des contacts réguliers avec Martine Aubry ? Pensez-vous qu’elle se présentera ?

Je la vois régulièrement et je continue à travailler à ses côtés sur les questions internationales et Européennes. Pour l’instant elle ne dit rien de ses intentions.

Comment les strauss-kahniens avec leur positionnement gauche-centre gauche vont-ils « peser » dans la bataille de 2012 ?

Je l’espère. J’ai lancé un appel au rassemblement de tous les Strauss-kahniens. Nos idées doivent continuer.

Redoutez-vous une candidature de Pierre Moscovici aux primaires socialistes, qui brouillerait un peu plus les cartes ?

Redouter, c’est beaucoup dire. J’attends surtout qu’il dise ce qu’il veut faire. Mais je suis persuadé que nous nous retrouverons pour trouver un chemin efficace pour battre Nicolas Sarkozy.

Pensez-vous, situation exceptionnelle oblige, qu’il faille maintenir les primaires socialistes ?

Oui au contraire. Les Français de gauche doivent nous aider à décider.

Vous avez dit que Dominique Strauss-Kahn était triste et combatif, cela correspond-il aussi à votre état d’esprit ? Après toutes ces années et ses combats avec Dominique Strauss-Kahn n’avez-vous pas un terrible sentiment de gâchis ?

Un peu oui, mais il y a tant de choses à faire pour la France et les Français que l’on n’a pas le droit d’en rester là.