36, rue Botzaris

par · 22 juin 2011

En janvier dernier, de jeunes et moins jeunes tunisiens arrivaient sur les côtes italiennes. Ils se voyaient délivrer par Rome une autorisation provisoire de séjour à titre humanitaire. Beaucoup ont rejoint la France depuis. Aujourd’hui encore, beaucoup d’entre eux errent dans les rues du nord-est parisien et passent à travers les dispositifs mis en place par l’hôtel de ville, la mairie du 19ème arrondissement, en lien avec les collectifs d’associations nationales et locales mobilisées telles France Terre d’Asile, Emmaüs…

Il y a quelques temps, l’évacuation par les forces de l’ordre du 51 avenue Simon Bolivar avait déjà beaucoup ému chacun d’entre nous: associations, élus, habitants du 19ème.

Il y a quelques jours, à la demande de l’Ambassade de Tunisie, la Préfecture de Police a évacué les personnes qui, faute de prise en charge et en pleine errance, s’étaient réfugiées dans les locaux situés au sis 36, rue Botzaris dans le 19ème arrondissement (ancien centre culturel tunisien, propriété de l’état tunisien).

Ces interventions policières sur les différents lieux d’errance de ces populations sont insupportables et inutiles.

Insupportables pour les populations et les riverains qui vivent et les accompagnent parce que agressives vis à vis de personnes qui méritent dignité et respect.

Inutiles enfin, parce qu’elle ne font que déplacer les tunisiens et ne proposent pas de solutions de règlement de leur situation administrative au regard du droit de séjour en France.

La situation des Tunisiens doit être réglée, non pas à coup d’interventions des forces de l’ordre, mais bien par les autorités françaises compétentes.

Il est grand temps que le gouvernement organise au delà de la répression, un dispositif spécifique d’aide et de régularisation même temporaire de la situation de ces tunisiens: aide au retour volontaire pour ceux qui le souhaiteraient, mise en place de procédures de délivrance d’accès de séjour ou d’accès aux formations professionnelles pour les tunisiens qui le demanderaient dans le respect des accords migratoires entre la France et la Tunisie.

Les commentaires1 Commentaire

  1. realisteounaïf dit :

    Après un début de guerre civile en Tunisie, il y a obligatoirement 2 types de réfugiés :
    – les anciennes milices de Ben Ali fuyant la Tunisie
    – les tunisiens recherchant du travail en France

    Est ce que les deux groupes doivent être aidés de la même façon ?