Interview dans Le Parisien

par · 2 juillet 2011

« Dominique aura son mot à dire dans la campagne. »

Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux questions du Parisien au lendemain de la libération de DSK:

La libération de DSK constitue-t-elle une étape décisive ?

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADÉLIS. Certainement. Les circonstances liées au dossier ont changé. L’accusation est contrainte de reculer en bon ordre. Le procureur a constaté une possible manipulation et ne peut dans ces conditions maintenir les charges initiales. C’est une joie immense pour Dominique, Anne et sa famille.

Faut-il suspendre les primaires ?

C’est un débat subalterne qui n’a pas de sens. Il ne fallait pas en son temps surréagir quand Dominique était accablé. Il ne faut pas plus s’emballer aujourd’hui maintenant qu’il est libéré. C’est le temps de Dominique. Ne l’instrumentalisons pas : quand on a été comme lui traîné dans la boue, la priorité est d’abord de se reconstruire. Il faut respecter cela.

François Hollande se dit ouvert à un report du dépôt des candidatures « fin juillet, même fin août »…

Je voudrais dire en toute amitié à François que le propre d’un président ce n’est pas d’agir sous le coup de l’émotion. Respectons nos procédures collectives. Laissons à DSK la possibilité de se reconstruire. S’il était nécessaire, le temps venu, alors nous déciderons ensemble et calmement de ce qu’il convient de faire.

Si le 18 juillet DSK est lavé de toutes les accusations, pourrait-il revenir en politique ?

Incontestablement. Ses compétences, sa vision et sa crédibilité demeurent intactes. Sa parole aura d’autant plus de poids qu’il ne sera plus tenu par ses engagements au FMI. Ce sera déterminant. Dominique aura son mot à dire dans la campagne.

Pourriez-vous reconsidérer votre soutien à Aubry si DSK était de retour ?

Je ne veux pas spéculer sur ce que fera Dominique. Ce n’est ni le temps ni le moment.

Les commentaires2 Commentaires

  1. topaz dit :

    Je ne crois pas que Dominique aura son mot à dire dans la campagne. S’il revient dans l’arêne, il « sera » dans la campagne, acteur mais pas consultant. Si la mise en scène de l’accusatrice est avérée, c’est très grave. J’ai écrit ici que 2012 serait une présidentielle atypique. Je ne l’imaginais pas dans cette tonalité.

  2. Patrick P. dit :

    Le retour de DSK en politique, c’est déjà implicitement le cas. Sa lucidité et sa détermination dans l’affaire judiciaire qu’il subit ne lui feront pas non plus défaut dans sa contribution à la conquête du pouvoir par son camp. Ni lui, ni ses amis les plus enthousiastes ne voudront rien tenter qui puissent gêner la campagne socialiste pour l’élection présidentielle. On peut leur faire confiance sur ce point. Ils l’ont prouvé depuis longtemps. La place qu’occupera, in fine, DSK dans cette campagne sera la bonne.