Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

par · 26 juillet 2011

Monsieur le Président sortant,

Vous avez bien voulu sous une forme, somme toute, peu constitutionnelle vous adresser à moi et à mes collègues.

Les déficits vous préoccupent . Et il y a, il est vrai, péril en la demeure !

Au 1er trimestre 2011, la dette publique de la France s’élevait à 1 646 milliards, soit, 84,5 % du PIB, et vous prévoyez qu’il atteindra en 2012, quelques 86, 9 %.

Cette dette, qu’il faut bien nommer « Sarkozy », est colossale et sans précédent. Et elle n’est pas arrivée par hasard. A près de 80 %, elle est due à votre gestion.

Évidemment, vous venez de vous rendre compte qu’elle menace notre souveraineté budgétaire. Si le problème est si important qu’il vous soit nécessaire d’en appeler directement aux parlementaires, ne serait-il pas indispensable de vous adresser directement à la nation ?

S’agit-il de faire face ou de tenter de dresser l’opinion contre l’opposition ? Ne serait-il pas juste et honnête  d’indiquer votre responsabilité ?

Vous semblez vouloir en appeler à l’union nationale, comme le fait Monsieur Barack Obama. Mais ce dernier refuse les coupes sombres sociales. Et, il veut augmenter les impôts. Est-ce votre objectif ?

S’unir pour défendre la France tout en défendant l’euro nous semble noble. Mais peut-on faire face à la catastrophe que vous nous annoncez en continuant la même politique ?

Celle qui privilégie la rente sur le travail ? Celle qui protège les revenus du capital sur le travail ? Celle qui fut votre viatique pendant 4 ans privilégiant le bouclier des riches à la consommation du plus grand nombre.

Car, enfin, si votre politique était juste et efficace, comment en sommes nous arrivés là ?

Monsieur le Président, nous pourrions vous croire si vous nous aviez dit que, devant un péril aussi grand ,vous vous sacrifiiez sur l’autel de l’union sacrée. Mais là, analysant votre responsabilité dans la situation de la France, nous ne pouvons voir qu’une tentative désespérée d’échapper au courroux des français.

Oui, il y a urgence comme vous venez de l’avouer. Il y a urgence de faire autre chose et autrement. Et c’est la raison pour laquelle je me refuse de soutenir une politique qui a échouée. Les Français, comme moi, jugeront votre appel comme un paravent de votre désastre économique et financier pour la France.

Pour redresser la France et la sauver de la catastrophe dont vous voulez faire porter la responsabilité à vos successeurs. Je vous dis, nous sommes prêts à une autre politique sérieuse mais rompant avec la vôtre.

Vous comprendrez Monsieur le Président sortant que je ne peux, ni de près, ni de loin, m’associer à la défense de votre bilan.

Veuillez, Monsieur le Président, recevoir l’expression de mes sentiments distingués.

Jean-Christophe CAMBADELIS, Député de Paris

Les commentaires3 Commentaires

  1. topaz dit :

    L’affaire « Luc Ferry » est en vacances ou en vacance, mais va ressortir promptement du bois, même si beaucoup savent déjà de qui il s’agit. Pourquoi maintenant, alors que les protagonistes impliqués sont sortis du contexte depuis longtemps ? La politique est une bien ingrate maîtresse. Les déboires de DSK vont bien involontairement faire ressurgir la face cachée de Martine Aubry et pourrir sa campagne et ses chances. En 2012 la vie privée, passée ou présente, risque bien de rattraper la vie publique. Est-ce un bien, est-ce un mal pour le crédit politique et pour la France ? Les électeurs ont l’esprit large : juif, divorcé, homosexuel, mais ils seront sensibles à une rigueur morale lorsqu’ils éliront leur prochain président. Quelqu’un le sait et, en dernier recours, il va s’en servir. L’impitoyable affrontement droite-gauche attendu risque de se muer en un duel féroce de respectabilité à gauche par le prisme de la transparence et par, au-delà des principes avoués et affichés, une fiévreuse appétence de gagner …

  2. topaz dit :

    Que peut ressentir aujourd’hui Dominique Strauss-Kahn, qui vient de perdre la partie d’échecs la plus importante de toute sa vie ? Tiraillé entre ses proches et ses avocats, probablement une immense solitude, qui n’est pas son amie, mais qu’il ne peut partager qu’avec lui-même. Dans la vie politique française, DSK restera une énigme, un sésame impossible à ouvrir, un paradoxe de l’être humain, même si d’aucun président, élu ou potentiel, on ne connaît autant de détails sur ses ancêtres, ses amours, ses victoires et ses déboires …

  3. Patrick P. dit :

    L’idéal serait que chaque député de l’opposition publie ainsi une réponse négative, polie mais ferme, à la lettre du Président sortant. Représentants du peuple, ils en seraient aussi, sans doute, en la circonstance, les porte-parole.