Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Monsieur le Président sortant,

Vous avez bien voulu sous une forme, somme toute, peu constitutionnelle vous adresser à moi et à mes collègues.

Les déficits vous préoccupent . Et il y a, il est vrai, péril en la demeure !

Au 1er trimestre 2011, la dette publique de la France s’élevait à 1 646 milliards, soit, 84,5 % du PIB, et vous prévoyez qu’il atteindra en 2012, quelques 86, 9 %.

Cette dette, qu’il faut bien nommer « Sarkozy », est colossale et sans précédent. Et elle n’est pas arrivée par hasard. A près de 80 %, elle est due à votre gestion.

Évidemment, vous venez de vous rendre compte qu’elle menace notre souveraineté budgétaire. Si le problème est si important qu’il vous soit nécessaire d’en appeler directement aux parlementaires, ne serait-il pas indispensable de vous adresser directement à la nation ?

S’agit-il de faire face ou de tenter de dresser l’opinion contre l’opposition ? Ne serait-il pas juste et honnête  d’indiquer votre responsabilité ?

Vous semblez vouloir en appeler à l’union nationale, comme le fait Monsieur Barack Obama. Mais ce dernier refuse les coupes sombres sociales. Et, il veut augmenter les impôts. Est-ce votre objectif ?

S’unir pour défendre la France tout en défendant l’euro nous semble noble. Mais peut-on faire face à la catastrophe que vous nous annoncez en continuant la même politique ?

Celle qui privilégie la rente sur le travail ? Celle qui protège les revenus du capital sur le travail ? Celle qui fut votre viatique pendant 4 ans privilégiant le bouclier des riches à la consommation du plus grand nombre.

Car, enfin, si votre politique était juste et efficace, comment en sommes nous arrivés là ?

Monsieur le Président, nous pourrions vous croire si vous nous aviez dit que, devant un péril aussi grand ,vous vous sacrifiiez sur l’autel de l’union sacrée. Mais là, analysant votre responsabilité dans la situation de la France, nous ne pouvons voir qu’une tentative désespérée d’échapper au courroux des français.

Oui, il y a urgence comme vous venez de l’avouer. Il y a urgence de faire autre chose et autrement. Et c’est la raison pour laquelle je me refuse de soutenir une politique qui a échouée. Les Français, comme moi, jugeront votre appel comme un paravent de votre désastre économique et financier pour la France.

Pour redresser la France et la sauver de la catastrophe dont vous voulez faire porter la responsabilité à vos successeurs. Je vous dis, nous sommes prêts à une autre politique sérieuse mais rompant avec la vôtre.

Vous comprendrez Monsieur le Président sortant que je ne peux, ni de près, ni de loin, m’associer à la défense de votre bilan.

Veuillez, Monsieur le Président, recevoir l’expression de mes sentiments distingués.

Jean-Christophe CAMBADELIS, Député de Paris