Kenya: la famine ou la « double peine »

par · 5 août 2011

Le Kenya est au sud de la corne de l’Afrique. C’est là ou en Tanzanie ou encore en Ouganda que vont les amateurs d’images d’Épinal. Ceux qui rêvent de safaris dans les lodges au pied du Kilimandjaro dont les neiges ont fondu, réchauffement climatique oblige.

Loin des récits d’Hemingway en effet, la réalité est devenu plus dure. Pour des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants ou de vieillards, c’est la mort dans l’après-midi assurée avec la famine qui avait début chez le voisin du nord, la Somalie. C’est la pire famine depuis soixante ans et, selon un responsable de l’ONU, la pire crise de sécurité alimentaire depuis vingt ans.

Le Kenya a eu à affronter en 2008 de terribles émeutes urbaines à la suite d’élections contestées. Dans les bidonvilles qu’il abrite – dont certains comme celui de Mataré sont les plus grands d’Afrique, s’amasse une misère qui s’ajoute aux dizaines de personnes encore déplacées depuis les violences de 2008.

Une délégation du PS s’était rendue dans ce pays lors du Forum social mondial de Nairobi en janvier et février 2007.

Si le Kenya abrite des structures onusiennes comme l’ONU Habitat ou les centres de décision pour l’aide à la Somalie, le pays subit deux fois la crise qui touche la région. D’abord à cause de la sécheresse qui ne l’a pas épargné, mais aussi parce que la situation politique et humanitaire au nord provoque un afflux de réfugiés.

Pour la Prix Nobel de la Paix Wangari Maathai, la catastrophe dans son pays et dans la région est aussi bien due à la guerre civile qu’aux mauvaises politiques environnementales qui ont affaiblit la capacité de ces pays à mieux lutter contre la sécheresse. Les pays concernés par ces phénomènes de sécheresse sont aussi des pays dont les gouvernements ne mènent pas toujours les politiques appropriées pour protéger leurs populations contre les conséquences de la sécheresse.

Depuis le début de l’année, l’inquiétude liée à la sécheresse avait gagné nombre d’observateurs sur place. Mais on constate une lenteur dans la réaction de la « communauté internationale », ainsi que l’illustre le report d’une réunion de l’Union africaine consacrée à la levée de fonds d’urgence, prévue pour le 9 août, à la date du 25 août…

Une fois encore, j’appelle la France qui préside le G20 et l’Europe à créer les conditions d’une intervention d’envergure pour sauver ces populations en détresse.