La nouvelle frontière présidentielle: austérité/sécurité contre croissance/solidarité

par · 18 août 2011

Nicolas Sarkozy a jeté son dévolu sur sa ligne d’automne: l’austérité ! Et bien sûr la sécurité !

Il est tout à fait étonnant de voir le président sortant vouloir inscrire dans la constitution française et de tous les pays d’Europe: la règle de l’austérité. Voilà un homme qui interdisait l’emploi du mot « austérité » hier et qui aujourd’hui veut le constitutionnaliser. Cette volte face, une de plus, tient aux figures plus imposées que libres. S’accrochant à l’Allemagne, il tente d’amadouer les agences de notation. Il doit faire face à un front uni du PSE qui a élaboré une réponse globale. Enfin il lui faut faire oublier son bilan calamiteux en agitant l’idée qu’avec les socialistes ce serait pire, voire que ces derniers ne défendent pas les intérêts français.

Cela préjuge que les dits français aient zappé quatre ans d’atteintes à l’intérêt général avec Fouquet’s, EPAD et bouclier fiscal, etc… Cela voudrait dire que ces derniers se satisfassent d’une politique économique totalement défensive. Et cela induit une inertie des socialistes qui est loin d’être réalisée.

Sous l’impulsion de Martine Aubry, mais s’inspirant des recommandations de DSK lorsqu’il était directeur du FMI, ils ont décidé de ne pas sacrifier la croissance sur l’autel de l’austérité. De plus, si les socialistes ont de robustes propositions en terme de réforme fiscale, ils articulent ceci avec une politique économique européenne coordonnée. Et l’axe construit depuis trois ans Poul Rasmussen / Martine Aubry / Sigmar Gabriel (PSE / PS / SPD) donne une base solide à cette ligne.

Enfin, la solidarité générationelle des territoires comme moyen pour assécher l’insécurité sans la nier, alors que le tout sécuritaire du président sortant à échouer, donne du grain à moudre à l’alternative socialiste. L’offensive d’automne de Nicolas Sarkozy n’a que l’apparence d’une martingale.