Printemps arabe: la double faute de Sarkozy

par · 1 septembre 2011

Alors que le sommet de Paris pour l’invention de la Libye libre se réunit aujourd’hui à Paris, ile ne faudrait pas que l’amnésie vaille amnistie et qu’on oublie qu’avant de lâcher Kadhafi, il lui avait déroulé le tapis rouge en France lors de la visite officielle du dictateur libyen.

Idem pour Ben Ali, Hosni Moubarak et Bachar El Assad. Après les avoir chouchoutés, après avoir copiné avec eux, il les a abandonnés.

En décembre 2007, Mouammar Kadhafi avait été reçu en grande pompe à Paris. Il avait planté sa tente dans un hôtel parisien et à l’époque, Sarkozy avait joué le jeu de la normalisation avec la Libye sans contreparties.

Tout cela, au nom des intérêts économiques du pays avec la promesse, jamais tenue finalement de rapporter près d’une dizaine de milliards d’euros de contrats aux entreprises françaises.

Il y avait même à la clé, la vente d’une quinzaine de Rafales. Le contrat n’a jamais été signé. A posteriori, on peut s’en satisfaire. Si, comme en Irak il y a 20 ans, il avait fallu faire face à des armes de fabrication française, vendu hier par le même gouvernement qui prétend aujourd’hui contribuer à « l’après Kadhafi »…

Pareil pour Ben Ali et Moubarak que Sarkozy avait choisi comme parrains de son Union pour la Méditerranée, un « machin » construit uniquement pour empêcher l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne et pour se servir du Maghreb comme Grande muraille contre l’immigration.

Outre les largesses de ces régimes aux proches et aux ministres de Sarkozy, il faut rappeler lors de la visite officielle de Sarkozy à Tunis en 2008, une première pour un chef d’Etat français sous Ben Ali, le président avait estimé ne pas avoir de leçons de démocratie et de droits de l’homme à donner au despote tunisien, déclarant même préférer les « actuels régimes politique au Maghreb aux Taliban ».

Quand à Bachar El Assad, le dirigeant syrien qui réprime actuellement la révolution dans son pays depuis des mois, il a bénéficié d’un rapprochement avec Sarkozy sans que la Syrie n’ait à apporter la moindre garantie. Comme Hosni Moubarak, le leader de Damas avait été l’invité d’honneur, avec d’autres chefs d’État méditerranéens du défilé du 14 juillet 2008 – la Fête nationale qui est sensée saluer la victoire du peuple français sur l’arbitraire et la tyrannie…

Mais tout cela semble bien loin aujourd’hui, les peuples se sont levés, les dictateurs s’en sont allés pour certains, ils sont traqués pour les autres. Tous sont mis au ban de la communauté internationale et pendant que Sarkozy cherche à se donner le beau rôle, nul ne doit oublier son passif.