La querelle de substitution

par · 19 septembre 2011

Au lendemain de l’intervention de DSK, une polémique monte: DSK aurait gêné Martine Aubry. Franchement, qu’il est difficile d’installer un vrai débat sur le problème de la France et des Français ! Et ceux qui propulsent ce débat font vraiment du mal au débat. Alors ! En parlant de « pacte », DSK aurait induit que Martine était une candidate de substitution ? Je ne sais pas s’il y a eu un pacte à Marrakech, je ne connais que celui des « Reconstructeurs » en juin 2008. Mais admettons ! S’il y a un pacte c’est donc que DSK et Martine auraient été d’accord sur le fait que l’un et l’autre avaient les qualités pour candidater à l’élection présidentielle. S’il a eu lieu à Marrakech c’est qu’il s’est noué avant le congrès de Reims, et donc avant même le dernier congrès, Martine Aubry était candidate et Dominique Strauss-Kahn pensait qu’elle pouvait y prétendre au point de s’effacer si les conditions étaient réunies.

Cet argument est totalement idiot et se retourne contre ceux qui le déploient. je comprends que l’on puisse être contrit que DSK manifeste son amitié pour Martine Aubry ou que l’on remarque que les deux partagent la même thèse « la lutte contre la dette sans récession ». Mais de grâce, sortons de la cour de récréation « j’ai été candidat avant toi » et revenons aux préoccupations des Français.

Les commentaires10 Commentaires

  1. naïfouréaliste dit :

    Le pacte, un faux problème !
    La Droite essaye de montrer que la Gauche ne peut pas être unie. Tous les moyens sont bons.
    Que deux candidats s’entendent, leurs électeurs ne peuvent que s’en féliciter.
    Les socialistes occupent l’espace médiatique, les français s’intéressent aux primaires, la mayonnaise prend.
    Il restera aux socialistes à faire preuve d’intelligence en laissant Strauss-Kahn reconquérir dans l’opinion sa place dans le débat sur la crise.
    Car entre nous, les Américains ont manoeuvré d’une manière sacrément efficace en exploitant un fait divers pour se débarrasser de lui à la fois au FMI et en Europe. Maintenant, ils ont le champ libre pour déplacer la crise financière des Etats-Unis vers l’Europe sans personne pour les contrer.

  2. topaz dit :

    112 ans plus tard, DSK va voler la vedette à Félix Faure dans les livres d’histoire que liront ses petit-enfants. Sauf que lui a survécu et qu’il a toujours une conscience … politique, qui ne s’est pas sauvée par l’escalier de service, mais qui est prête à servir. La République souveraine a-t-elle les moyens de s’en priver ? Une faute grave de comportement dans la sphère privée annule-t-elle le talent professionnel ? Je ne le crois pas. DSK est comme il est. Il a pris une leçon de vie dont il se souviendra et dont il est seul à pouvoir tirer les enseignements. Mais il peut pourtant, pour se racheter, apporter à son pays davantage que d’enseigner l’économie à La Sorbonne.

  3. topaz dit :

    On peut toujours rêver d’un pacte de Marrakech bis, qui gommerait les vicissitudes du premier et qui serait d’intérêt national …

  4. topaz dit :

    Et si l’on substituait une autre querelle au bon sens et à l’urgence ? Dominique Strauss-Kahn est rentré en France, il n’en a pas terminé avec ses ennuis judiciaires. Il n’a pas claqué la porte à la politique, il est toujours un brillant économiste et plus que quiconque il est un connaisseur passionné, avec une faculté d’anticipation reconnue, de la crise grave qui sclérose la France, l’Europe, le monde. C’est bien là toute l’ironie de la situation. Je vais écrire l’interdit. Si j’étais Nicolas Sarkozy -sur le point de présider le G20 de Cannes- dans le contexte explosif que l’on sait, je m’efforcerais d’utiliser tous les talents disponibles pour inverser la tendance, pour donner une vraie chance à l’Europe de ne pas se fracasser dans un dérapage incontrôlé. N’en déplaise à mon premier ministre, à l’heureux élu issu de la primaire socialiste du 16 octobre, je proposerais à Dominique Strauss-Kahn un rôle de consultant et de premier plan pour choisir les bonnes solutions pour la France et pour l’avenir, pour que l’Europe survive et avance. Quel que soit le président élu en 2012, il ne sera pas à la fête. Alors que nos dirigeants et ceux qui comptent en politique se demandent « maintenant » ce qu’ils pourraient faire pour leur pays …. Les 64 % de Français du sondage IFOP/JDD approuveraient mon délire utopique et les 53 % contradictoires s’y retrouveraient aussi puisque DSK a confirmé qu’il avait renoncé à la primaire et à la présidentielle, et qu’il n’était candidat à rien … On verra !

  5. Herbelleau dit :

    En foot, un remplacant intervient pour prendre la place d une personne tombee a terre. L objectif etant la victoire du collectif. Peut etre que certains n ont pas compris que la victoire sera collective ou ne sera pas.

  6. Herbelleau dit :

    Substitution, substitution, est ce que j ai une gueule de substitution ? Allons, un peu de serieux. Si il y a eut un accord entre DSK et moi meme c est en raison de notre experience gouvernementale, de notre determinations, de nos valeurs. Le pacte prevoyait que chacun preparerait ses forces et soutiendrai celui de nous deux qui etait en mesure d etre candidat pour faire gagner la Gauche. Je suis en mesure d etre Candidate et de gouverner avec l ensemble de la Gauche, exception faite de certains des anciens soutiens de DSK qui ont prefere choisir son competiteur…

  7. Patrick P. dit :

    D’autant que si Aubry et DSK ont convenu, il y a plusieurs mois, que l’un des deux se désisterait avant la primaire socialiste, c’est que tous deux étaient prêts à être candidat à la présidentielle, que tous deux s’en sentaient capables et en avaient envie et que chacun reconnaissait à l’autre la potentialité et la légitimité d’y aller. De fait cet accord aura été respecté. La mieux placée concourt à la primaire avec le soutien discret mais avéré de l’autre. Une évidence qui semble en déranger plus d’un.

  8. giraudeau dit :

    D’accord : si la raison de voter pour tel ou telle, c’est que Martine Aubry serait un candidat de substitution, alors la candidature de celui ou celle qui invoque cette raison ne vole pas bien haut.

  9. topaz dit :

    Si je ne me trompe, initialement le pacte de Marrakech était une alliance de plusieur courants visant après le congrès de Reims à mettre un patron efficace à la tête d’un PS mal en point, précisément pour bien préparer 2012. S’il était déjà inscrit en filigrane à ce moment-là -c’est possible- l’accord 2012 entre Aubry et DSK est intervenu bien plus tard. Si Martine Aubry avait été, pour une raison grave, empêchée, la gauche de la gauche aurait-elle dit que DSK était un candidat par défaut ? Au final une polémique stérile. Les journalistes aiment ça, et vous, vous perdez votre temps !

  10. GS dit :

    « S’il y a un pacte c’est donc que DSK et Martine aurait été d’accord sur le fait que l’un et l’autre avaient les qualités pour candidater à l’élection présidentielle. S’il a eu lieu à Marrakech c’est qu’il s’est noué avant le congrès de Reims, et donc avant même le dernier congrès Martine Aubry était candidate et Dominique Strauss-Kahn pensait qu’elle pouvait y prétendre au point de s’effacer si les conditions étaient réunies. Cet argument est totalement idiot et se retourne contre ceux qui le déploient.  »

    Excellente analyse.