Les primaires vecteur du bicampisme !

par · 9 octobre 2011

Dans le premier document rédigé avec Thierry Mandon en septembre 2006, nous évoquions les objectifs des primaires: Recentrer le Parti socialiste sur sa fonction partidaire en découplant PS et élection présidentielle. La seconde idée traitait du leadership. Depuis la fin du mitterrandisme – si on excepte la phase Jospin – la crise de leadership a dominé le PS. Donner une légitimité externe au candidat du Parti socialiste grâce à son électorat c’était le mettre hors d’atteinte des jeux d’appareils.

Ajoutons que le Parti socialiste, parti parlementaire, a toujours eu du mal avec la 5ème République où la présidentialité rime avec le recours voire le Bonapartisme. Les électeurs propulseront normalement leur candidat au deuxième tour en lui conférant cette posture « au dessus » qui sied à la 5ème. Mais il y avait aussi un autre projet: celui du parti de toute la gauche. Cela séduisait Claude Bartolone et Arnaud Montebourg dans nos premières discussions.

Traumatisé par 2002, pas rassuré par le score de Bayrou, le Parti socialiste bringuebalé risquait de jouer le 1er tour à la roulette russe. Assurer le passage au 2ème tour en échangeant une candidature unique contre un groupe pour les Verts, voire sanctuariser le groupe communiste était séduisante « Dites à Duflot et Marie-Georges Buffet qu’il vaut mieux faire 30% d’une primaire ouverte que moins de 5 % au premier tour de la présidentielle » risquais-je dans un interview au Figaro. Nous pensions en outre que la dynamique consécutive à cette primaire serait plus forte que l’arithmétique des alliances. Les écologistes et le PCF en ont décidé autrement.

Dans le Parti socialiste, Vincent Peillon et Gérard Collomb soutenant Ségolene Royal pensaient la même chose. Alors que Bertrand Delanöé, François Hollande et Lionel Jospin étaient pour le moins sceptiques. Elles eurent lieu après que le Nouvel Observateur leur ai donné un coup de booster. L’intérêt médiatique et citoyen pour ce type de sélection et de débat va être un vecteur de renforcement des partis institutionnels. Et cela à défaut de bipartisme, va accentuer le bi-campisme. Contrairement à ce qu’on dit cela ne va pas affaiblir le Parti socialiste. Cela va l’élargir de Manuel Valls à Arnaud Montebourg. La prochaine fois le fait que la droite le fera légitimera plus encore la démarche. Il est fort à parier qu’un candidat favorable à l’écologie se présentera dans les primaires socialistes. Bref, à moins de sortir de la 5ème république ce qui serait louable, les primaires sont un vecteur de bipolarisation.

Les commentaires2 Commentaires

  1. topaz dit :

    La dernière image de cette soirée c’est le désarroi perceptible de Ségolène Royal. Un combat de trop, une humiliation qu’elle aurait pu s’épargner. Elle n’a pas voulu voir que l’ère Mitterrand était révolue et que son temps était passé.
    Quant à J.F. Copé, il est dans ses calculs ridicule … Il sera probablement le premier en 2016 à réclamer une primaire !

  2. topaz dit :

    9 octobre – 23h30 – Les Français se sont déplacés très nombreux parce qu’ils ont l’impression que leur avis compte, et qu’ils peuvent, pour la première fois, en amont d’une élection cruciale, s’exprimer.
    Bravo au PS pour l’organisation exemplaire de cette primaire. Elle est un réel succès qui a réconcilié les Français avec la politique. C’est le PS qui l’a initiée, c’est toute la classe politique qui s’y ralliera à l’avenir.
    Bravo à Martine Aubry pour ce score de 1er tour dans un délai de préparation si court. Une preuve de sa réactivité, aujourd’hui dans la primaire, demain dans la France en mouvement. Une déclaration responsable, sereine et déterminée, qui a du fond et le bon ton, qui s’oppose à une autre à l’écho creux de banalités dans les mots. Jacques Delors doit être fier ce soir, il le sera davantage le 16.
    Les quelques municipalités de droite qui ont obligé ce scrutin à se tenir dans un restaurant ou sur un marché n’ont rien compris. Ces maires ne sont pas dignes de leurs écharpes.

    Ce soir le parti socialiste a fait un grand pas en avant dans l’opinion, dans son positionnement de parti d’opposition. Il a souvent failli, il a grandi d’un seul coup comme un adolescent mal dans sa peau qui soudain devient adulte et responsable.
    Du bonheur donc au PS, mérité car chacun a joué le jeu. Mais aussi beaucoup d’amertume dans ce 9 octobre 2011, car on ne peut s’empêcher ce soir de penser à un autre scénario, de se demander comment et pourquoi celui qui a toujours su, pendant toutes ces années, anticiper en politique ne l’a pas fait dans sa vie personnelle … Pour se punir … il ne se rase plus ! Mauvaise idée.