17 octobre 1961: une nuit parisienne bien sinistre

par · 17 octobre 2011


Dans la mémoire de notre pays, les événements du 17 octobre 1961 resteront comme une marque sombre. D’abord parce que c’est un crime de la police, ensuite parce qu’il fut occulté – encore aujourd’hui par un accès difficile aux archives. Ces événements ne sont toujours reconnus officiellement par notre pays qui, a ce moment, fut le contraire de lui-même.

La guerre d’Algérie, longtemps une guerre sans nom, reste encore une blessure et un temps fort du clivage droite gauche. Les militants nés dans le combat pour l’Algérie française n’ont rien renié et leur héritage politique s’est transmis aussi bien au FN que dans certains rangs de l’UMP. Une de leurs dernières offensives fut ce fameux amendement sur le « bilan positif de la présence française outremer » en 2005, qui fut retiré au terme d’une campagne de mobilisation de la gauche lancée un soir par une proposition de Dominique Strauss-Kahn à Olivier Besancenot.

La nuit du 17 octobre fut une nouvelle Saint-Barthelemy dans laquelle se rejoindre toutes les heures sombres de notre histoire récente. Du préfet Papon aux policiers dont certains avaient connu l’Occupation, dans un pays en proie aux attentats, OAS ou FLN, la grande ratonnade résonna comme un exutoire symbolique pour cette partie minime de France qui, gavée par une actualité censurée et une propagande rêvait de « casser du fel ».

Toute une génération est née à la politique avec la contestation de la guerre d’Algérie et c’est pourquoi la réconciliation est une des tâches de notre temps. En 2012, cinquante ans après la fin de cette guerre, il faudra réconcilier la France et l’Algérie. Ce devrait même être un des premiers gestes du nouveau président.

Il faudra que le prochain gouvernement de gauche ouvre les archives pour qu’un jour, avec les historiens, toute la lumière puisse être faite sur cette « nuit noire ».

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    Bon oui-non, même si Michel Field tremblait pour son oui !
    Vous avez eu raison de rappeler que Martine Aubry a fait un score haut, seule contre propagande, sondages et ralliements, ce qui veut dire que pendant la campagne elle a su faire passer des messages et des idées dans lesquels se sont reconnus 44 % des électeurs. C’est très porteur et François Hollande sera obligé d’en tenir compte, lui qui, avec tous ces ralliements, aurait dû terminer plus haut. Ce large soutien spontané donne effectivement à Martine Aubry une légitimité naturelle pour coordonner la campagne depuis Solférino. Après avoir été le « nettoyeur » de son parti, elle devient le bouclier de François Hollande … C’est une femme en or Martine Aubry !