Intervention au Bureau National du PS

par · 20 octobre 2011

A propos du Conseil européen du 23 octobre

Nicolas Sarkozy entre dramatisation et hésitation. Dramatisation à des fins intérieures et hésitation sur la politique à mener où les déclarations contradictoires se multiplient entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. La dramatisation et les hésitations paniquent des marchés sans visibilité et affolent des peuples sans repère. Reste que Nicolas Sarkozy mobilise l’opinion contre les conséquences de sa politique conjointe avec Mme Merkel.
Le prochain conseil européen du 23 octobre se déroule dans un contexte d’aggravation de la crise. Il concerne également les Chefs d’État ou de gouvernement de la zone euro.
Les points à l’ordre du jour incluent :
1. un débat sur les aspects extérieurs de la politique économique de l’UE en insistant sur le renforcement de la compétitivité de l’Europe dans le monde. Dans ce contexte, les dirigeants européens se mettront à la recherche de la croissance.
2. La définition de la position de l’Union européenne pour le sommet du G20 qui a lieu les 3 et 4 novembre prochains à Cannes.
3. En prévision de la conférence de Durban sur le changement climatique (28 novembre au 9 décembre), il est aussi prévu sur la mise au point de la position européenne.
En déplacement à Nice, Sarkozy a dramatisé l’enjeu en parlant de l’importance du conseil du 23 octobre et il a envoyé un message à ceux qui voulaient remettre en cause ses réformes (retraites ou réductions des dépenses publiques).
D’ores et déjà, la chancelière allemande Angela Merkel a déjà douché tous les espoirs en affirmant qu’il ne fallait pas attendre du Conseil européen du 23 octobre un remède miracle à la crise que traverse la zone euro, alors que que les 27 pays de l’Union européenne doivent adopter une série de mesures destinées à endiguer la crise financière persistante qui affecte la Grèce et menace l’ensemble de la zone euro.
Ceci dans un contexte ou la grève générale grecque prend un tour violent. L’affrontement social en Grèce, alors que l’Europe n’est pas à la hauteur de l’urgence a des conséquences sur l’acceptabilité des plans qui rappel en Grèce ceux de l’ex FMI en Amérique latine. Et ceci va accentuer le panique des marches.
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient pourtant promis il y a huit jours des « réponses durables, globales et rapides » pour régler cette crise avant le sommet des pays du G20 à Cannes les 3 et 4 novembre. Mais au lieu de faire preuve de volontarisme, la droite utilise sa nouvelle arme tactique. Sur tous les sujets, feu sur le Parti Socialiste qui propose un autre chemin.
C‘est ainsi que Sarkozy a déclaré : « Il n’y a pas de choix (…) il est venu largement le temps de réduire nos dépenses et de mettre en oeuvre les réformes qui permettent de réduire nos budgets. […] Regardez ce qui se passe en Espagne, en Grèce, au Portugal, en Irlande. Les salaires diminuent, les retraites diminuent, ces pays se battent pour conserver leur indépendance. Voilà ce qui arrive à des pays qui ne font pas des choix courageux. […] En France, on n’a pas eu de baisse des salaires, pas de baisse des pensions. […] Jamais, je n’accepterai que la France soit dans la situation de dépendance dans laquelle se trouvent aujourd’hui un certain nombre de pays dont les autorités n’ont pas eu, au moment où il fallait, le courage d’assumer et de prendre les décisions qu’ils auraient dû prendre ». Tout cela est transparent, jouer le catastrophisme pour couper l’herbe sous le pied à toute alternative. Nous sommes dans la continuité de l’offensive mener par l’UMP contre le PS. La présidentielle a bien commencé. Le PS quant à lui soutien la position du PSE.
Il y a quelques jours, le SPD et le PSE ont adopté une déclaration commune dans laquelle on peut lire : « Une croissance juste et l’emploi doivent être les pièces maîtresses des politiques européennes. Il faut mettre en place tout de suite la taxation des transactions financières (TTF) pour financer l’économie réelle et des programmes de modernisation qui pourront produire la croissance dont on a besoin.
– Une initiative ambitieuse pour la croissance et la création d’emploi qui s’appuie sur la stimulation des investissements privés et publics dans les secteurs à haut potentiel.
– La régulation des marchés financiers internationaux et la nécessité de contrer les actions spéculatives contre les Etats.
– La mise en place d’une agence européenne de notation.
– La mise en place d’un gouvernement économique de l’UE. »
 Il y a donc face à la crise que personne ne nie, deux voies en Europe.