Le haka de Sarkozy

Le président sortant voulait se réhabiliter aux yeux des Français et impressionner ses adversaires. La démonstration est intéressante car elle expose son axe de campagne: frontiste en France, européiste en Europe. Le double axe de Nicolas Sarkozy: réduire le centre au 1er tour et favoriser le report du FN au second. Quasi fédéraliste et totalement national populiste, attention aux aducteurs, car le grand écart est source de déchirures. Voilà pour le positionnement ! Quant à la rhétorique elle est simple: j’ai un avenir parce que je n’ai pas de passé. Le seul passé qui compte c’est celui de mes prédécesseurs. La dramatisation avait pour but de faire oublier le dit passé calamiteux. C’est « Sarko année zéro ». Quant à l’impopularité elle est du au fait qu’il préside.

Enfin abordons le fond. Nicolas Sarkozy ne dit ni comment on va, ni où on va, ni comment on y va. La crise grecque est contenue mais les mesures de structure ne sont pas venues. Les trois plaies de la zone euro: un endettement massif, une faible croissance, un chômage élevé. Rien n’a été traité. Tout le monde sait qu’il faut 2000 milliards – c’est ce que Nicolas Sarkozy avait demandé pour faire face – tout le monde sait que sans croissance pas de solution durable. L’Allemagne prévoit moins d’1 % de croissance et aucune relance intérieure. Elle fait payer à l’europe sa vertu. Tout le monde sait que le chômage pèse sur les comptes publiques. Aucune mesure pour relancer l’emploi, rien donc ni pour crever l’abcès de la dette par le transfert de celle-ci via les euro bonds. Rien sur l’organisation de l’Europe simple, lisible et solide comme le demandait au delà de nous Valéry Giscard d’Estaing. Rien sur la relance de la croissance par le passage d’une politique synchrone d’austérité à une politique coordonnée. Donc rien sur le passé, rien sur l’avenir, un simple haka qui se veut impressionnant mais qui n’est pas une phase de jeux.