Projet de loi de finances 2012: le gouvernement veut gagner la confiance des marchés et pas celle des concitoyens !

par · 3 novembre 2011

L’Assemblée Nationale a adopté par 308 voix le projet de loi de finances pour 2012. Ce projet de loi finances pour 2012 est le dernier budget du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Il est l’incarnation de ce que le gouvernement a mis en place depuis le début : la conclusion et l’emblème de ce quinquennat.

Après avoir allégé de dizaines de milliards d’euros les impôts des plus riches et creusé d’autant le déficit budgétaire, le gouvernement propose un plan de rigueur de plus de 11 milliards d’euros. Plan de rigueur dans une situation déjà catastrophique et qui risque fort de confirmer la dégradation économique et sociale de notre pays : croissance faible, plus proche de 1 % que de 1,75%, explosion du chômage, une dette qui aura doublé en 10 ans et un déficit extérieur abyssal. Et au regard de ces constats, le projet de loi de finances proposé par le gouvernement n’est qu’une suite de mesures dont n’émerge qu’une seule logique : l’austérité aveugle et massive. Austérité aveugle et massive mais, sans jamais remettre en cause des cadeaux fiscaux, la suppression des niches fiscales les plus importantes, ou encore la taxation des revenus du capital par rapport à ceux du travail.

S’agissant des dépenses, le projet de loi de finances pour 2012 propose des coupes dans tous les budgets, notamment une baisse de 12 % de celui de l’emploi qui aura un impact très négatif sur l’activité.

Et s’agissant des recettes, au lieu de supprimer des niches injustes et inefficaces, le gouvernement organise de nouveaux prélèvements : la hausse de la CSG, la taxe sur les mutuelles, la taxe sur les produits sucrés sont autant de prélèvements qui vont peser sur les Français, et notamment les plus modestes. Création en 5 ans de trente nouveaux impôts : les clés USB et les disques durs, le droit d’ester en justice et celui de faire appel…

Concernant la mesure relative aux hauts revenus, elle n’est là que pour faire oublier le cadeau fiscal de 1,8 milliard fait par le gouvernement au début de l’été aux plus fortunés avec la baisse de l’ISF.A vouloir courir la réduction des déficits, le gouvernement organise la dégradation pure et simple de l’emploi, du pouvoir d’achat et de la croissance.

Pour nous, la réduction des déficits doit passer par la mise en place d’une politique macroéconomique complète plus que par la simple austérité. Une politique qui s’attaque simultanément à tous les déficits qu’ils concernent les finances publiques certes mais aussi les déficits d’emploi et de compétitivité.

Les propositions des députés du groupe SRC :

Concernant l’emploi, nous proposons de mettre fin à cette arme de destruction massive de l’emploi qu’est la subvention aux heures supplémentaires, et de mettre en oeuvre, à la place, une politique forte en faveur de l’emploi des jeunes ;

Concernant la justice fiscale, nous proposons une réforme d’ensemble de la fiscalité réduisant les déficits sans peser sur la croissance et supprimant les niches inefficaces et injustes ;

Pour relancer durablement la croissance, enfin, nous proposons une fiscalité favorisant l’investissement plutôt que la distribution des dividendes, accompagnée d’une politique industrielle volontariste en relation avec les régions.

Le gouvernement a préféré construire un budget pour gagner la croissance des marchés plutôt que celles des concitoyens. Pour toutes ces raisons, avec mes collègues du groupe SRC, nous avons voté CONTRE le projet de loi de finances pour 2012.

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    En ce début de G 20 de Cannes, le Président chinois nous renvoie à nos moutons noirs et le FMI, très présent dans la gestion de crise jusqu’en mai, se fait discret.

    En cette période électorale électrique, le seul nom de DSK -évoqué ou en référence- dérange (le mot est faible) à gauche comme à droite. Même les journalistes marchent sur des oeufs pour vous poser une question à vous, son ami et son bras droit. Une omerta amère car il était probablement le seul apte à proposer et à mettre en oeuvre un plan solide de sortie de crise, le seul capable de convaincre que la rigueur de gauche serait in fine plus juste que la rigueur de droite.

    DSK a connu dans sa vie plusieurs traversées du désert. Aujourd’hui il fait connaissance avec l’ermitage politique. Dans sa retraite, entre remords et regrets, le politique enrage et l’homme réfléchit. Il compte ses amis et il est seul face à lui. Il n’aura pas pu mettre de l’huile dans le moteur de l’économie mais il peut encore relancer le moteur de sa vie.