Cambadélis: «Cet incident de séance est très freudien»

par · 8 novembre 2011

Libération publie une interview de Jean-Christophe Cambadélis après les propos de François Baroin à l’Assemblée Nationale:

Jean-Christophe Cambadélis est député PS de Paris. Il revient, pour Libération, sur l’incident survenu ce mardi après-midi à l’Assemblée nationale.

Avez-vous pris le « pouvoir par effraction » comme François Baroin vient de le dire à la tribune de l’Assemblée nationale?

C’est tout l’inconscient de la droite qui est ressorti dans cette formule: la gauche est illégitime au pouvoir. Pour monsieur Baroin comme pour ses amis, la démocratie impose la gauche par effraction car le pouvoir leur appartient de toute éternité. Cet antienne est aussi vieille que la droite dans ce pays: on l’a entendue sous Jaurès, Blum et Mitterrand.

Est-ce pour François Baroin une façon de tuer son père politique -Jacques Chirac- dont la décision de dissoudre l’Assemblée a permis le retour de la gauche en 1997?

C’est effectivement Chirac et Juppé -lequel avait l’air contrit au banc du gouvernement- qui ont dissous l’assemblée. Cet incident de séance est très freudien car à l’époque ils avaient légitimé la nécessité de dissoudre pour renforcer leur majorité afin de faire face à la situation budgétaire et financière. Et, aujourd’hui, comme ils n’arrivent pas à faire face à la crise, le spectre de la gauche revient.

C’est un incident anecdoctique?

Les déparages actuels issus des rangs de la majorité sont dus à une campagne électorale qui ne dit pas son nom. Désormais, le gouvernement ne gouverne plus, il mène campagne pour Nicolas Sarkozy. Il utilise ses positions ministérielles pour bombarder la gauche. Et profite des tribunes que la crise lui procure pour construire des procès en légitimité. Bref, derrière un incident dans un hémicycle, il y a toute une logique qui n’est pas sans poser de problème du point de vue de la démocratie.

Les commentaires6 Commentaires

  1. topaz dit :

    Charlotte et Olivier, les deux alpinistes ont été retrouvés, morts, après 6 jours passés dans les Grandes Jorasses. Ce drame nous rappelle le naufrage au Mont Blanc de Vincendon et Henry en décembre 56, qu’on a laissé mourir sur leur montagne le 11e jour, suite à une avalanche d’erreurs humaines et de respect de hiérarchie dans la procédure de sauvetage. 55 ans plus tard, on ne peut que regretter que la nature et le climat soient toujours plus forts que notre technologie moderne.

  2. JR dit :

    Tous comptes faits
    Etant de Gauche
    Et ayant entendu M. Baroin hier
    Je ne participerai pas à « l’effort de guerre »
    Qui nous est une nouvelle fois imposé
    Par l’UMP

    Je rentre donc en « effraction » ….

  3. topaz dit :

    Dans la même phrase … les déboires de la droite en 97 et les vieilles lunes socialistes ! Qu’on oublie un peu le rétroviseur politique.

  4. topaz dit :

    Pas malin cette sortie de route de F. Baroin. La dissolution de 97 n’est pas une minute glorieuse dans l’histoire de la droite. La gauche a pris le pouvoir parce qu’on lui a ouvert la porte, elle n’est pas entrée à Matignon par effraction. Oui, Baroin lâché par son flegme légendaire, devrait s’excuser d’avoir ajouté la pagaille à l’electricité ambiante.

  5. Patrick P. dit :

    Bref, la bataille électorale sera rude. François Hollande y sera d’autant plus solide que les militants, les dirigeants et les élus socialistes seront organisés et combatifs. Et qu’ils saurant fédérés des alliés à leurs côtés…

  6. amelie poulain dit :

    C’ EST TRES GRAVE !