Montebourg ou l’acharnement à démontrer l’impossible rénovation du PS

par · 10 novembre 2011

Vous êtes nombreux à me demander ce qui s’est passé au Bureau National entre Arnaud et moi. A la fin du BN, dans ce no man’s land où la présence est réduite, Arnaud qui ne s’est exprimé ni sur le rapport de Michel Sapin sur le G20, ni la crise grecque ou italienne, ni sur mon rapport sur les risques de conflit « nucléaire » qui monte entre Israël et l’Iran. Notre muet du sérail demande la parole pour un point divers. Et il réitère ses propos sur la limite d’âge à 68 ans. Il ne demande pas de vote, comme dans les « Tontons flingueurs » « il évoque ». J’ai pris la parole pour dire ceci:
D’abord il est insupportable de dresser des listes, des listes, vous avez bien lu, de militants âgés à abattre. Le procédé c’est l’homme. Ensuite c’est lui qui avait refusé l’amendement sur la date limite à 70 ans dans la convention sur la rénovation. (Roberto Romero de la motion C le confirmera quelques minutes plus tard). Enfin, autant on peut réfléchir au cumul dans le temps, autant fixer un âge de retraite politique est malvenu. Ceci aurait interdit à François Mitterrand de se présenter en 1981 et je n’évoque pas le Général De Gaulle.
Alors quel sens peut avoir cette mise en demeure à dix jours du dépôt de candidature ? Alors qu’à aucun moment dans la campagne des primaires l’ami Arnaud, écrasant l’infâme et faisant feu de tout bois, n’a évoqué ce sujet. Une piqure de rappel au candidat pour qu’il ne l’oublie pas ? Une tentative de faire vivre son mouvement -micro parti- qui vient de voir le jour dans une grande indifférence ? Ou plutôt s’acharner à démontrer que la rénovation est impossible au PS ? Au moment même où la direction obtient de tous les parlementaires atteint par le cumul, une lettre signée indiquant le mandat qu’ils quitteront en cas d’élection. Au moment où nous aurons presque la parité. Au moment où nous parviendrons enfin à promouvoir des jeunes issus de l’immigration. Son intervention, inutilement blessante dans la forme, inacceptable dans le fond, est politiquement désastreuse pour nous tous dans la présidentielle. Il fallait que ceci fut dit dans le PS et les yeux dans les yeux, ce fut fait.

Les commentaires2 Commentaires

  1. colombe dit :

    Monsieur Montebourg a fait preuve de grossièreté, rien d’étonnant. Ses analyses sont à l’aune de sa finesse . Et topaz exprime ma pensée.
    Mais la liste dénonciatrice me semble l’acmé de la dérive.
    Est-ce qu’il n’y a pas là un sombre procédé, évoquant de bien terrifiantes perspectives ?

  2. topaz dit :

    Les propos de Montebourg sont stupéfiants. La retraite politique imposée à 67 ans pour siéger à l’AN est un non- sens. Il devrait savoir que l’être humain n’est pas égal devant l’âge. On peut être un vieux radoteur à 50 ans et un redoutable débatteur visiionnaire à 70. C’est vrai en politique et c’est vrai dans la vie. Dans son raisonnement « on ne peut répéter pendant 30 ans les mêmes choses » cela veut-il dire qu’entre 40 et 70 ans un député n’a acquis aucune expérience et n’a pas évolué ? Son score à la primaire lui donne des droits mais aussi des devoirs, comme celui de ne pas prendre sur le temps qui reste au PS pour alimenter une polémique inutile. Il y a tant à faire de plus urgent.