Interview dans « Le République des Pyrénées »

par · 19 novembre 2011

Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris et secrétaire national du PS aux relations internationales est l’invité ce samedi de la 35e fête de la rose à Sévignacq. Il interviendra lors du meeting de l’après-midi.

Quel rôle allez-vous jouer dans la campagne présidentielle de François Hollande ?

François Hollande n’a pas nommé de responsable pour l’international. Dans son équipe, je ferai l’interface entre le parti et le candidat socialiste sur l’ensemble des sujets touchant à l’international.

Le récent recul de François Hollande dans les sondages vous inquiète t-il ?

À la hauteur où il était, les corrections sont mécaniques. Au-delà des sondages, je le crois toujours bien placé pour l’emporter car le pays a besoin d’une autre politique et surtout d’un autre Président.

Les divergences initiales avec les écologistes risquent-elles de handicaper la campagne des socialistes ?

En 1997, j’étais l’un des architectes de la gauche plurielle. Nous avons gouverné pendant cinq ans avec les écologistes, tout en ayant des désaccords sur le nucléaire, le combustible ou d’autres éléments de ce style. La situation n’est pas différente aujourd’hui.

Comment les « Politiques » peuvent-ils reprendre l’initiative pour ne pas laisser la main aux marchés financiers ?

C’est une question de volonté et de propositions. Si vous êtes libéral, vous ne pouvez pas réguler les marchés. Si vous êtes socialiste vous pouvez le faire, par exemple en annonçant que la banque centrale européenne rachètera sans limite la dette d’un état si les taux d’intérêt dépassent un certain seuil. Un tel geste est de nature à stopper toute spéculation.

La construction européenne peut-elle survivre à la crise ?

Nous sommes à la croisée des chemins. L’échec européen du « Merkozy », le directoire franco-allemand, met l’Europe au bord de l’éclatement. Parce que Sarkozy et Merkel n’ont pas su apporter de solutions à une crise qui devient incontrôlable et qui touche maintenant le social et le politique. Les élections en France en 2012 et en Allemagne l’année suivante devraient permettre de mettre en place des solutions alternatives.

La situation économique du pays exige-t-elle un plan de rigueur tel qu’il est mis en oeuvre ?

Tel qu’il est mis en oeuvre, non. Parce qu’il est injuste et inefficace. Mais la facture Sarkozy nous oblige à de la rigueur dans la gestion tout en permettant la croissance. Il faut faire des économies, mais pas de manière aveugle.

Comment combler le fossé qui ne cesse de s’agrandir, malgré la crise, entre les très riches et les autres Français ?

Il faut faire une réforme fiscale et en finir définitivement avec le bouclier fiscal qui protège les plus riches. Nous avons là une marge de manoeuvre pour une politique rigoureuse, juste et constructive.

La lutte des classes est-elle pour vous un concept obsolète ?

Les classes sociales ont explosé sous la pression d’une nouvelle révolution industrielle et de l’immatériel. Mais il existe des tensions sociales qui expliquent bien des situations politiques.

Êtes-vous surpris de l’avalanche de révélations sur la vie de DSK ?

Surpris oui. Mais je crois que maintenant DSK a le droit à l’indifférence et à sa défense. Je rappelle qu’un PV de police ne fait pas une instruction et que le juge défère un présumé coupable devant un tribunal après une procédure contradictoire. Dans son cas, elle n’a pas encore eu lieu.

Le projet du PS prévoit de limiter strictement le mandat des parlementaires. Êtes-vous prêt à appliquer cette règle dès les législatives de 2012 ?

Moi, je ne cumule pas depuis plusieurs mandats. Comme nous l’avons dit, nous déposerons un projet de loi et les socialistes comme les autres, devront s’y conformer. Au PS, chaque candidat doit s’engager par écrit à démissionner d’un mandat exécutif dès que la loi sera adoptée.

Seriez-vous prêt, si l’occasion s’en présentait, à travailler avec le Béarnais François Bayrou, lui-même bientôt candidat à la présidentielle ?

De quel Bayrou parlez-vous ? De celui qui s’oppose violemment à la gauche dans votre belle région, ou celui qui nous fait des sourires à Paris ?

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    La crise devient incontournable, le Merkozy (très bien la contraction) a échoué (un peu antinomique cette affirmation), mais la gauche franco-allemande unie réussira … Le pari de l’interface dans les prochaines mandatures.

    L’indifférence, le mot est mal choisi. DSK a droit au respect de l’être humain, car dans cette affaire, je le répète depuis longtemps, il est victime de lui-même. Il l’a reconnu, c’est un grand pas en avant.