Espagne: fin de cycle !

par · 20 novembre 2011

La déroute du PSOE et de Luis Zapatero marque la fin ultime de la 3ème voie. Lorsque José Luis Zapatero est arrivé au pouvoir il y a 8 ans, nous étions encore dans le cycle Blairiste. La défaite du socialisme français en 2002 contrastait avec le socialisme espagnol triomphant. On estimait ici ou là que l’idée de Tony Blair, reprise par Zapatero : l’économie n’est ni de droite ni de gauche, combinée aux audaces sur le plan sociétal ouvrait la voie à un socialisme libéral libertaire. Les « li-li » disait-on à l’époque. Et celui-ci devait être le modèle pour les socialistes français engoncés qu’ils étaient dans leur vieille gauche. La crise ou plutôt la négation de la crise, la croissance par le bâtiment, l’exposition des banques espagnoles aux subprimes, la libéralisation du marche du travail et les baisses d’impôts, censés séduire les couches moyennes, provoquèrent une crise sans précédent. Dans le même temps José Luis Zapatero s’aligna sur le directoire Merkozy, au point de signer leur engagement d’austérité, le jour même où le PSE se réunissait et le condamnait l Ou de soutenir José Manuel Baroso contre l’avis du PSE en pleine campagne des élections européennes. A force d’être en résonance avec le main stream de la droite européene, la présidence européene de Zapatero fut insipide, le PSOE ne se distinguait plus du Parti Popular espagnol. Si ce n’est – et c’est remarquable – sa victoire sur l’ETA militaire ou encore les avancées sociétales. Alors austérité pour austérité, les espagnols ont préféré punir ceux dont ils estiment qu’au pouvoir ils ont mal géré la crise .et ne proposaient rien de mieux.

Les commentaires2 Commentaires

  1. Patrick P. dit :

    Bien « gérer la crise » et la dépasser, y compris dans le raisonnement, le discours et le programme politiques, à rebours des préjugés, des fantasmes ou d’idéologies conservatrices et moralisatrices, c’est l’névitable défi à relever par la gauche dans les mois qui viennent. Pas simple, mais vital.

  2. Jean Louis SAILLANT dit :

    Tout à fait d’accord avec cette analyse. Et à méditer, si comme je l’espère, nous gagnons la présidentielle. Toujours être respecteux des voix qui vous ont été données. Toujours expliquer les raisons pour lesquelles on s’écarte des promesses faites (situations internationales, difficultées inattendues passagères, etc, etc.).