Mitterrand 1981 contre Mitterrand 1988

par · 23 novembre 2011

Francois Hollande et Nicolas Sarkozy s’inspirent de François Mitterrand. François Hollande est persuadé que Nicolas Sarkozy est dans la situation de Valériy Giscard d’Estaing en 1981. Il veut incarner le changement. Mais se refuse à céder aux plus radicaux du camp du changement comme le fit François Mitterrand avec le PCF et l’extrême gauche. Il négocie avec EELV sur le nucléaire comme hier avec le PCF sur les nationalisations. Proximité dans les thème mais délimitation dans la réalisation. Il parie sur le rejet et pas totalement sur le projet. Le résultat des élections en Espagne ou Mariano Rajoy n’a pour ainsi dire rien dit, confirme son intuition. Un « Sarkodestaing » dévalué, déconsidéré, qui se heurte à un bilan calamiteux, un chômage de masse et une attitude hautaine ou lointaine. Il parie sur le fait comme en 1981 que Nicolas Sarkozy n’aura pas de projet mais sera scotché par son bilan. Il joue sur ses qualités d’orateur, son humour mordant, et prend un soin méticuleux comme François Mitterrand après le congres de Metz à rassembler les siens. L’élection de 2012 serait un référendum pour ou contre Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy lui, a choisi le Mitterrand de 1988 celui de la France unie. On se souvient de l’affiche de l’hémicycle vide. Avec pour slogan : « ici bat le coeur de la France ». Bref le Mitterrand en surplomb maîtrisant la fonction, garant de l’union, est son modèle. Comme en 1988 il veut partir tard. Il souhaite une campagne courte ne permettant aucune prise, agitant l’idée du danger de l’arrivée de son concurrent au pouvoir. Il n’hésitera pas a multiplier les gestes européens ou internationaux. Il se fait protecteur des arts comme il y a quelques jours en Avignon. C’était un peu surjoué mais éclairant. Président de toutes les France, protecteur sans passé, mais pas sans avenir. Jusque dans le look, la gestuelle ou le mimétisme émacier est là. Comme en 1988, Jean-François Copé joue, les Jospin dérobant à ses adversaires leur thème et remobilisant l’électorat. Alors rien n’est équivalent sur le fond mais dans la forme, François Mitterrand semble bien présent !

Les commentaires1 Commentaire

  1. Régis Bertrand dit :

    Bien vu, à une nuance près peut-être? En 1981, François Mitterrand disposait d’un dispositif élu et militant complètement « obsédé » par l’échéance présidentielle, lequel avait généré quelque chose comme une « obsession de changement » dans de larges couches de l’électorat. Aujourd’hui malheureusement, après une « bonne petite » primaire, tout le monde est rentré à la maison s’occuper de « sa soupe », laissant le candidat et le parti se débrouiller avec la présidentielle. Ce serait bien non, que les élus et les cadres du parti, trouvent la voie de cette « obsession »?