Élection présidentielle: le trop plein !

par · 13 décembre 2011

La décantation n’a pas encore fait son œuvre et nous sommes dans le trop plein. Jugez un peu: Corine Lepage, Christine Boutin, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou, Marine Le Pen, Hervé Morin, Dominique de Villepin, Frédéric Nihous et Nicolas Sarkozy à droite. A gauche, Jean-Pierre Chevènement, François Hollande, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud: 15 candidats ! Combien seront-ils après la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy en février ? Pour l’instant tout le monde est « reine d’un jour ». Mais il faut plus qu’un TF1 pour aller de l’annonce à la confirmation officielle. Mais pour l’instant, cet état des choses rend la campagne confuse. D’autant que l’anecdotisation des événements est de mise. Comme Nicolas Sarkozy ne se déclare pas mais joue de son surplomb présidentiel, cela pourrait l’avantager en décourageant voire en éparpillant l’anti Sarkozysme. Voilà pourquoi la clarté de l’alternative à Sarkozy doit être posée avec netteté. Tout ce qui perturbe, obscurcit, détourne du combat Sarkozy / Hollande est néfaste à la campagne. En période de crise les français ont besoin de choix clairs.

Les commentaires5 Commentaires

  1. topaz dit :

    Ci-après une réflexion écrite en 2003, sous la canicule, après le difficile printemps politique de Jean-Pierre Raffarin, une réflexion utopique il y a 8 ans, l’est-elle encore aujourd’hui ? A l’aune du débat présidentiel qui est un long fleuve agité aux méandres inattendus, on peut s’interroger …

    Appelez-moi toujours France

    La France d’en haut, la France d’en bas, la gauche et la droite, « être à la remorque », les querelles intestines de litote et leurs répliques exacerbées : c’est l’information au quotidien qui a nourri notre printemps, qui s’essouffle un peu dans cet été politique -qui a aussi besoin de respirer- mais qui conserve néanmoins ce parfum d’amertume, qui résonne à nos oreilles comme une musique reprise en choeur, ici ou là, jouée ou pas dans la bonne tonalité, par les ténors politiques de notre présent.

    Où se situe la frontière entre les électeurs du haut et ceux du bas ? La couleur, l’odeur, la valeur de la fortune ne sont ni une réponse, ni une référence. Qui ne connaît, dans ses relations proches ou lointaines, un chef d’entreprise devenu soudain SDF par un coup de vent du destin, ou un SDF réhabilité dans la « norme » de notre société ? D’aucuns riches et reconnus votent à gauche, d’autres moins bien lotis, mais riches autrement de leurs convictions différentes, votent à droite. Et inversement. Aussi pourquoi s’autoriser, dans la syntaxe si riche de notre langage, cette image arbitraire et dérangeante, qui manque sincèrement d’élégance accolée au mot « France » ? Ne tombons pas dans les excès du phrasé trop simple et laissons à tout un chacun, sur notre sol, le droit de se définir, de s’exprimer, voire de choisir sa place sur la hauteur de l’échelle sociale et de s’y élever à son rythme.

    Nos responsables politiques de tous bords se sabordent et se mutinent, se cherchent sans se trouver, se perdent sans le savoir, se querellent sans se réconcilier. Les uns font des projets, des lois et des réformes, les autres critiquent et défont, sans très bien maîtriser que mettre à la place, comment refaire ou mieux faire. Nous sommes les témoins télévisuels et sur le net ou les lecteurs de la crise d’identité d’un socialisme mal à l’aise, pris au piège entre son rôle à jouer dans l’opposition, ses dissensions internes et une avancée musclée des réformes qui s’engagent. Sur la droite du paysage la manoeuvre est délicate : il faut, dans une conjoncture boudeuse, honorer les promesses électorales, se préparer aux futures échéances et à rendre des comptes, gérer le courant et réagir vite à l’actualité qui s’emballe, sans pour autant oublier le coup de boutoir à l’extrême de la chronologie 2002 du retour au pouvoir.

    Pourtant, les idées et les avis évoluent et tracent leur chemin. Nul n’est magicien, ni devin ou infaillible dans la gestion des affaires. Peut-être le clivage droite/gauche a-t-il vécu, même s’il y aura encore des inégalités à corriger, des ajustements à trouver et des comportements à harmoniser, quels que soient les protagonistes en lice. Peut-être faut-il chercher à établir un trait-d’union entre les hommes et confier notre destinée à des stratèges politiques de tous horizons, qui sortiraient du melting pot de leurs réflexions respectives, un plan d’action et d’évolution vers un schéma de société plus juste.

    Dans un idéal utopique, humaniste et philosophique, imaginons un instant, dans ce siècle 21 de notre ère, une inédite cohabitation élargie, plus réaliste et plus crédible pour toute Française ou Français qui devrait demain se déterminer sur l’avenir et le devenir de son pays. Il ne s’agirait plus de clivage, de haut et de bas -notre patrie n’est pas une armoire à étagères- mais de la souveraineté de la France dans son unité et sa fierté, de son image en Europe et dans le monde. Elle aurait confiance dans les idées, les actions et les décisions de la gent politique qui la gouverne, dans l’intelligence et le respect des institutions de notre République.

    Mais comment rêver de cet eldorado dans notre société, lorsque les médias nous relayent, dans un espace-temps trop court pour l’occulter, des propos et leurs contraires émanant de mêmes personnes influentes ? Peut-être ceci explique-t-il cela, certaines dérives électorales, certaines surprises, reflet d’un déni, d’une déception, d’une attente déçue … Peut-être que certaines subtilités nous échappent, que nos responsables politiques pourraient mieux faire et méditer davantage sur « le dialogue est-il le chemin de la vérité », peut-être que l’avènement de la 6e République ne reposera plus l’alternance, mais puisera sa force, ses convictions et ses valeurs à l’eau d’un autre puits, ouvert à tout homme et à toute idée, tous clivages confondus, pour que l’eau retirée soit plus limpide et pressée d’être bue par la majorité des Français.

    En cet été 2003 sous la canicule, la France est triste, inquiète, peu attirante. Les indices de fréquentation et de consommation l’attestent. Elle aspire à retrouver son entrain et sa joie de vivre, sa propension à dépenser et à s’amuser. Puisse la rentrée politique et sociale lui rendre sa confiance et ses attraits, pour que, dans notre pays et hors de nos frontières, demain on dise encore « Appelez-moi toujours France ».

    8 ans ont passé … accentuant la crise et la dette, mais sans vraiment bousculer les paramètres. Le parti socialiste est toujours aussi mal à l’aise, la barre à droite toujours aussi délicate, mais peut-être que ce sont les Français devenus européens qui ont changé, et qui aspirent à être guidés autrement pour que leur pays aille mieux. Et s’ils avaient, les citoyens français, contre toute attente, évolué plus vite dans leur mental que les politiques qui les gouvernent ? La Vox populi est imprévisible. Nous attendons Hollande versus Sarkozy. Et si c’était un tout autre scénario, une surprise à la Obama qui se dessinait dans le ciel politique français ?

  2. topaz dit :

    Dominique de Villepin apparaît soudain dans le miroir de topaz qui lui était plutôt hostile. Quid de celui de la France ? J’écris la France, pas la droite et la nuance existe.

  3. topaz dit :

    Lorsque l’on est angoissé, déprimé, désespéré, on fait parfois des choix qui surprennent les plus proches de nous, qui croient nous connaître bien. Les choix politiques peuvent aussi être très versatiles. Dominique de Villepin, ce soir, est entré dans les chaumières et a révélé une stature … au fil d’un seul petit discours. De République solidaire à République tout court … Une affaire à suivre, avec attention.

  4. topaz dit :

    L’allocution de Dominique de Villepin depuis le Press Club de France est de la veine de son discours de l’ONU. Des mots qui portent et qui s’expriment sans notes. C’était la force de frappe du Général de Gaulle et de DSK. C’est une nouvelle donne. Il va falloir compter avec lui. Il ne naviguera pas à vue … dans les mois qui viennent.

  5. topaz dit :

    Les bleus à droite, les rouges à gauche, c’est la pub de TF1, c’est à celui qui criera le plus fort !
    François Hollande a axé sa campagne de primaire sur le rejet de Sarkozy et sur le rassemblement ; ça a marché pour lui. Sa campagne de candidat est désaxée et désordonnée. Il doit être mal conseillé. Le rejet de Sarkozy ne suffit plus. Qu’il se taise ou qu’il parle, il déçoit l’opinion, par son silence car il n’est pas son rôle de candidat-président, par sa prise de parole parce qu’il perpétue la sempiternelle litanie de l’alternance : la gauche défera ce que la droite a fait (les retraites, le traité européen etc…). Les Français n’en veulent plus de cette doxa politique dépassée. Bayrou et De Villepin l’ont compris. François Hollande, lui, est lancé à toute vitesse dans une voiture en rodage sur un circuit qu’il ne connaît pas. Les spectateurs au bord de la route craignent le pire et s’intéressent à la course d’autres voitures. Ce qui fera la différence, sur la ligne d’arrivée, c’est le savoir-faire du pilote !