La démocratie hongroise se délite, l’Europe hésite

par · 3 janvier 2012

La République hongroise est en danger. Près de 55 ans après la répression de l’Insurrection de Budapest qui avait été l’occasion d’un sursaut démocratique en Hongrie contre la chappe de plomb soviétique, la Hongrie est à nouveau victime d’un coup de force constitutionnel orchestré par le premier ministre Viktor Orban, fort de l’écrasante majorité de son parti, le Fidesz et la percée du Jobbik aux élections de 2010.

Depuis un an, le premier ministre conservateur Viktor Orban a fait adopter plusieurs mesures qui réduisent les pouvoirs de la Cour constitutionnelle et la liberté de la presse. Désormais, l’Etat peut infliger des amendes aux propriétaires des médias qui diffuseraient des informations jugées «non équilibrées» ou dépourvues «d’objectivité politique». Dès sa nomination, il a placé plusieurs de ses fidèles à la tête de tous les organismes du secteur public – même à la Cour des comptes, en remplacement de personnalités indépendantes. Il a aussi obligé un millier de chômeurs Roms à travailler sur des chantiers publics.

La nouvelle loi électorale réduit le parlement de moitié et elle constitue un procédé sur mesure pour assurer des majorités durables au Fidesz.

 L’opposition et la population ont manifesté leur hostilité à ce coup de force et l’ancien premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsány a même été arrêté. N’en restant pas là, Le Fidesz a voté une modification de la Constitution qui rend les socialistes hongrois responsable des crimes de l’époque communiste.

Le Parti socialiste dénonce cette agression contre la démocratie dont se rend coupable le parti frère de l’UMP et de la CDU au sein d’un PPE dont le dernier congrès s’est tenu à Marseille en décembre dernier. Le PS apporte son soutient aux milliers de manifestants et aux intellectuels actifs depuis de longs mois déjà qui se mobilisent pour la défense du pluralisme et des libertés.

Le Parti socialiste fait pleinement sien le mot d’ordre des nouveaux insurgés de Budapest « il y aura de nouveau une république » et sera au côté de ses camarades du MSzP.

Le Parti socialiste s’étonne du silence assourdissant de Sarkozy et Merkel et il appelle la présidence social-démocrate danoise de l’Union européenne à prendre vigoureusement les mesures nécessaires pour le respect des traités européens au nom de la défense de la démocratie car ce qui se passe aujourd’hui en Hongrie peut arriver demain ailleurs.