Jeanne d’arc ou l’hommage douteux

par · 6 janvier 2012

Certes certes, l’anniversaire fait bien les choses. Mais franchement que fête t-on ? Si ce n’est un nationalisme hors de saison ? Peut-on oublier de qui Jeanne fut un culte ? De Barrès à Pétain, du Maréchal à Jean-Marie Le Pen. A t-on oublié Voltaire se moquant, Jaurès la refusant, et le Front populaire l’interdisant ? On me dira et Michelet, et Mitterrand et Ségolène Royal, ce n’est pas ce qu’ils ont fait de mieux et il y avait une part instrumental. Mais au-delà, cette union nationale vibrant à l’unisson autour de la défense nationale, ne me dit rien qui vaille. Quant au Président sortant, il commença avec la gloire aux résistants et communistes via Guy Moquet pour terminer à Domrémy, soufflant la primeur à Marine Le Pen pour mieux la retrouver. Le style c’est l’homme. Hier il fallait conquérir les salariés et aujourd’hui, il faut flatter ceux qui pensent que l’on a atteint le seuil de tolérance. Car qui sont les Anglais du jour ? Ceux qui occupent nos trottoirs pour prier ? Comment personne ne fait le rapprochement ? Nicolas Sarkozy fait là une jonction symbolique que je ne suivrais pas. D’autant que les années à venir seront dominées par cela. La hantise du métissage et la défense non de la République cela va de soit, mais d’une fadaise : une France « ethniquement pure » se défendant de tout autre apport que le droit du sang, de ceux-là je ne serais pas! Et bien vous avez tort Monsieur Sarkozy, oh que oui, Jeanne d’arc appartient à un parti, celui qui tous les 1er mai pérore devant la statue dorée de cette dernière : Le Front national et son nationalisme ethnique.

Les commentaires4 Commentaires

  1. jaures dit :

    (…) Humble fille des champs qui avait vu les douleurs et les angoisses des paysans qui l’entouraient, mais pour qui ces détresses mêmes n’étaient que l’exemple prochain d’une douleur plus auguste et plus vaste, la douleur de la royauté dépouillée, de la nation envahie. Il n’y a dans son âme, dans sa pensée, rien de local, rien de terrien, elle regarde bien au-delà des champs de Lorraine. Son cœur de paysanne est plus grand que toute paysannerie. Il bat au loin avec les bonnes villes investies par l’étranger. Vivre aux champs, ce n’est pas nécessairement s’absorber aux choses de la terre. Dans le bruit naissant et dans la cohue grossière des cités, le rêve de Jeanne eût été sans doute moins libre, moins audacieux et moins vaste. La solitude a protégé la hardiesse de sa pensée, et elle vivait d’autant mieux avec la grande communauté de la patrie qu’elle pouvait sans trouble, emplir l’horizon silencieux d’une douleur et d’une espérance qui allaient au-delà.
    Ce n’est pas une révolte de paysanne qui montait en elle; c’est toute une grande France qu’elle voulait délivrer, pour la mettre ensuite dans le monde au service de Dieu, de la chrétienté et de la justice. Son dessein lui paraît si religieux et si grand qu’elle aura le courage, pour l’accomplir, de résister même à l’Eglise et de se réclamer d’une révélation supérieure à toute révélation. Elle dira aux docteurs qui la pressent de justifier par les livres saints ses miracles et sa mission : «Il y a plus de choses dans le livre de Dieu que dans tous vos livres.» Parole prodigieuse et qui est en quelque façon à l’opposé de l’âme paysanne, dont la foi est faite surtout de tradition. Mais que nous sommes loin du patriotisme ou incertain ou étroit et dur de la propriété terrienne! C’est au plus haut de l’azur rayonnant et doux que Jeanne entendait les voix divines de son cœur (…)JEAN JAURES

  2. topaz dit :

    Il y rejet de Sarkozy, c’est certain, mais l’envie de gauche n’est « plus » si haute. Le 22 avril les électeurs seront sélectifs.

  3. topaz dit :

    30 ans de Corrèze, 400 bises sous l’oeil énamouré de Valérie, adieu le député, bonjour le président, sauf qu’entre les deux il y a le candidat … Des voeux de gagnant sans être un gagneur ! François Hollande n’est pas en phase, il pédale en décalé, il n’imprime pas l’opinion, à tel point et c’est inquiétant, que Nicolas Sarkozy, le plus bas de tous les présidents sortants, reprend deux points. Traduction ? Le temps perdu ne se rattrape plus.

  4. topaz dit :

    Une stratégie de campagne innovante pour le candidat du changement … C’est le programme non exhaustif de François Hollande. Nous attendons avec impatience le développement de ses quelques grandes orientations. Fiscalité, crise, dette, croissance, quelles sont ses priorités et comment compte-t-il les mettre en oeuvre ? Il n’a plus 6 mois pour le faire et, en ne le faisant pas maintenant, il donne trop de mou sur la corde aux diverses probabilités évoquées d’un espace croissant, incertain, probablement sous-évalué Bayrou/Le Pen (dans plus de 90 circonscriptions, danger Le Pen). Fin janvier il sera avec Alain Juppé sur un plateau télévisé, face aux Français. Il va falloir assurer et sortir de l’ambiguïté. On lui demandera aussi de réagir aux propos tenus par DSK à Bruxelles. Et puis, on n’est plus à l’époque Lacanuet, les femmes ne voteront pour lui simplement parce qu’il est devenu « un beau mec » !