De la crise

Le déclassement de la France par une agence privée de notation est tout à la fois la conséquence d’une politique et le révélateur de la situation. Allons au coeur du problème.

Dans le moment actuel du capitalisme, il y a plus de capital de travail mais des masses énormes de capitaux fictifs dans le sens où, ils n’ont pas de contrepartie travail dans le sens de la production. L’hypertrophie de ce qu’on appelle le capital financier fait que celui-ci cherche toujours plus, avec toujours plus de moyens à spéculer sur tout ce qui bouge. Pour cela, les marchés ont besoin de visibilité pour une rentabilité maximale, d’où les agences de notation à la crédibilité douteuse.

Les états se sont, quant à eux, endettés pour financer un état providence que la croissance ne permettait plus de financer. La dérive de la mondialisation libérale, c’est à dire, l’extension du marché, le démantèlement de l’Etat, la délocalisation sauvage, le travail comme un coût dans la compétition, la tendance à la désindustrialisation dans les pays dit industriels…

Cette contrepartie à l’extension de la sphère financière en pleine révolution de l’immatérielle a accentué les tensions dans le système. Les politiques, dépassés, se sont vu pris en sandwich entre l’exigence des marchés ainsi structurés et l’acceptabilité par les peuples d’une remise en cause des acquis. C’est la phase 1 de la crise.