Le bad deal de l’austérité

par · 17 janvier 2012

Dans cette phase de crise structurelle et de haute spéculation conjoncturelle, la tentation est grande de répondre à court terme. C’est la vraie fausse solution de l’austérité.

Et le paradoxe, c’est que que ceci n’est pas une demande des marchés mais une exigence de la droite allemande pour rassurer son électorat. La rigueur budgétaire comme parade à l’écart des taux. Des pays empruntent à 2 % comme l’Allemagne, d’autres l’ont fait à 7% comme l’Italie.

Le second paradoxe réside donc dans le fait que l’on accroît le handicap de ceux qui sont en difficulté, ce qui a pour conséquence de les précipiter dans la récession, sans espoir de se relever. Et cela finira par plomber les mieux portants.

Cette politique drastique budgétaire s’accompagne d’une ode à la réforme libérale. Mais là, encore, ce qu’attendent les marchés, c’est autre chose : D’abord, les réformes propres à assurer une croissance durable ensuite, un gouvernement crédible de la zone euro et enfin, une banque centrale leur garantissant la solvabilité de leurs engagements.

Voilà pour le court terme.

Pour le long terme, il faut un cap pour l’Europe et calibrer les programmes budgétaires et fiscaux en cohérence avec l’objectif d’accroître le potentiel de croissance.

Un But : Quel type de modèle pour l’Europe.

Un Moyen : La mutualisation des réformes comme par exemple celle de la réforme fiscale.

Mais le dernier problème est : Mais pour qui le fait-on ? C’est à dire la capacité d’accepter pour les peuples ou pour les marchés.

Le « marche où crève » des droites européennes est non seulement une faute économique, nous venons de le voir, mais c’est aussi une faute sociale qui pénalise les peuples les plus précaires.

Et là, nous sommes en divergence de sens.

A force de débattre à l’infini des mesures économiques, on finit pas perdre le sens de la politique, voire de la gauche tout court. Car il y a aussi une instrumentalisation libérale de la crise pour obtenir la possibilité de revenir sur les acquis sociaux. Gouverner pour les actionnaires, la rente ou la France, tel est la phase 2 de la crise.

Relire le billet précédant « DE LA CRISE »

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