Voir loin, agir juste.

par · 18 janvier 2012

La question qui est posée au delà du type de société que nous voulons construire, c’est la sortie de crise. Car, cette dernière écrase tout. Et il serait illusoire de penser imposer une société juste sans régler la crise. Mais, il serait tout aussi faux de penser sortir de la crise sans justice. Il faut donc un diagnostic, une méthode et enfin, un cap.

Il y a une interdépendance entre la méthode et le cap si le but est un société plus juste. Il y a incompatibilité entre la stabilité et la justice avec l’ordre spontané de la domination du capitalisme financier. On ne peut régler les problèmes en les niant mais on ne peut les surmonter en les reproduisant.

C’est une nouvelle direction qui est posée. C’est une domestication écologique et sociale de l’économie de marché qui doit être le fil à plomb de la sortie de crise. Ni fuite en avant dans la mondialisation libérale, ni faux paravent d’une ligne Maginot du retour de l’état nation d’avant guerre. La bataille est continentale même si son arène est d’abord nationale.

Voilà pourquoi, si l’Europe n’est plus en Europe, il faut la refonder. Elle est, cependant, le cadre indispensable à une bataille de civilisation. Alors, évidemment, il va falloir du sang froid, de la détermination et de la clairvoyance pour les années à venir. Et Nicolas Sarkozy n’est pas le mieux placé pour conjurer la catastrophe à venir. Lui, qui n’a, ni cap, ni boussole et dont la méthode consiste à re-écrire l’histoire pour en être le hérault. La dernière en date fut de critiquer la fébrilité de son opposition de gauche après la dégradation du triple A par Standard and Poor’s. Lui, qui a invité son Premier ministre a réagir dès le lendemain de peur d’être emporté par la critique alors que François Hollande s’abstenait de réaction à chaud et déclarait que ce n’était pas la France mais une politique qui était jugée.

Nicolas Sarkozy avance en braille dans la crise parce qu’il ne la comprend pas et ne sait pas où il va. Si on traite la crise avec pour seul drapeau, le pragmatisme et l’éléctoralisme, elle se venge. C’est la 3e leçon.

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catégorie Ecrits, Expressions

Les commentaires2 Commentaires

  1. topaz dit :

    « On a tout pour gagner ». C’est François Hollande qui le dit, et ça n’a jamais été aussi vrai. Le PS a progressé depuis 2007 et a soudé les failles de la division, mais il n’a pas encore trouvé la clé pour ouvrir la bonne porte. Comme un cambrioleur il est fébrile, contrarié, à la fois trop sûr de son coup et mal à l’aise dans la stratégie à adopter. Il n’est pas encore dans la place. Une place forte, en position de faiblesse, qui part au front en misant tout ce qui lui reste pour transformer l’essai, pour faire de ses points faibles pointés par l’adversaire des atouts pour combattre, pour convaincre, pour gagner. Une riposte porteuse serait pour François Hollande à la fin du mois de dérouler les grands axes et les priorités qui préoccupent, d’expliquer le pourquoi de ses choix et de calmer le jeu dans la critique des 5 ans écoulés. Ce qu’il a su faire, candidat à la primaire, qu’il le fasse candidat à l’Elysée. C’est ce que les Français attendent de lui, c’est le devoir du candidat.

  2. topaz dit :

    Voir loin, agir juste. Traduction vision, action. Hollande et Sarkozy devraient s’en souvenir avant que les électeurs ne boudent les urnes et se tournent vers les extrêmes. Si Gangrange est l’échec du sarkozysme, de la même manière Longwy fut celui des socialistes dès 1982. Ni Sarkozy, ni Mitterrand n’ont manqué de volontarisme politique, mais ils n’ont pu empêcher délocalisations et logique du profit. En passant par la Lorraine la mondialisation a laminé les promesses. François Hollande l’a compris, il ne promet rien et applique à la lettre le conseil de Roosevelt « votez pour le candidat qui fait le moins de promesses, c’est avec lui que vous serez le moins déçu » ! Pas sûr que les électeurs suivent cette consigne.