Le duel est engagé

par · 19 janvier 2012

Nicolas Sarkozy se hâte lentement à enfiler l’habit du candidat. S’il a fait un pas de plus aujourd’hui dans un discours improvisé, c’est qu’il s’inquiète moins de son score, persuadé d’être au 2ème tour, que de celui de François Hollande.

En effet, Nicolas Sarkozy estimait que François Hollande descendrait mécaniquement plus vite et plus fort et que, son forcing autour des vœux, le rapprocherait du candidat de la gauche. Car son objectif est d’être suffisamment près de François Hollande pour le dépasser dans la vague de sondages suivant la candidature, emballant ainsi le match, comme on dit au football. Mais voilà, François Hollande avec, comme bouclier les primaires et comme glaive l’anti-sarkozysme du pays, est étonnement stable. La stratégie du zapping contre celle du looping s’est engagée. Nicolas Sarkozy multiplie les déclarations et propositions. Il préfère le débat sur ses positions que sur lui. Il évite ainsi une focalisation pour ou contre le sortant.  Il construit aussi une posture volontariste qui  permet de polémiquer sur demain pour faire oublier hier.

Enfin, il veut souligner en creux la prétendue fragilité de Hollande : l’indécision. François Hollande, solidement campé sur l’électorat socialiste et même au-delà, qui ne se dérobe pas. Le candidat de la gauche évite avec talent de se laisser enfermer pour se faire canarder. On veut le coincer ici, il est déjà là. Certes il corrige, mais c’est pour réduire les angles d’attaques de la droite. Insaisissable, il harcèle par des pics, le bilan de son adversaire. Cela contraint Nicolas Sarkozy à le défier, à s’engager de plus en plus clairement. La prestation du jour volontairement sans note, comme pour hisser le niveau de jeu, a pour but de baliser le bilan de Nicolas Sarkozy le sortant, avant le discours de François Hollande dimanche. Le duel commence à distance.