Le « merpen » de Nicolas Sarkozy

par · 10 février 2012

Angela Merkel en Europe et Marine Le Pen en France. Voilà la stratégie de Nicolas Sarkozy. Depuis des mois, il prépare le terrain de son offensive du têt. Dans les cordes, conspué voir détesté, Nicolas Sarkozy n’a de cesse que de déplacer la controverse, pour lui sans espoir, à son sujet. Il a donc construit deux pommes de discorde censées se substituer au vote sanction: le traité européen censé sauver l’Europe et rassurer le centre et la résonance Lepéniste censée préserver l’identité nationale et polariser l’électorat Lepéniste. La cohérence de sa campagne n’est pas le destin de la France, mais une double béquille censée faire sens et rabattre des voix.
Cette martingale est un double abandon, celui de la France et celui de la République. De la France en Europe, où Nicolas Sarkozy aura signé SEUL, à marche forcée, un traité aux couleurs d’Angela Merkel, car enfin ce traité engagerait la France si elle l’avait adoptée. Et Nicolas Sarkozy, à quatre vingt jours de l’élection présidentielle, n’est pas la France. En plus il est la codification juridique des obsessions austéritaires de Mme Merkel qui ne règle rien et conduit l’Europe à se défaire et à la récession. La République ensuite, qui se voit bafouer dans ses principes d’égalité et de fraternité. La justice, depuis le bouclier fiscal, c’est déjà fait, empruntant là les obsessions anti-républicaines de Madame Le Pen.
Une double faute, une double provocation, pour tenter de renverser la table et conjurer un échec qui d’abord est celui de son quinquennat. Si Nicolas Sarkozy accélère c’est que son camp se désespère, c’est qu’il ne peut se présenter seul devant les Français, car son bilan plombe son présent.