Que veut l’Allemagne ?

par · 22 février 2012

C’était la question que posait Helmut Kohl il y a quelques mois. C’est l’interrogation du moment. Renouveau de l’hégémonisme, quand Madame Merkel impose un traité d’une rigueur telle que personne, sauf l’Allemagne, ne pourra souscrire aux critères ? Quand elle impose les sanctions automatiques aux états récalcitrants. Quand elle se présente en Chine comme la représentante de l’Europe. Quand Peer Steinbrück, candidat possible du SPD, se moque spontanément de la naïveté de François Hollande, avant d’être rectifié par Sigmar Gabriel, le patron du SPD. Quand les articles, thèses, livres fleurissent sur la régression française.

Certes Nicolas Sarkozy avec ses déficits, en pleine crise de la dette souveraine, était le maillon faible du couple. Certes pour éviter une dégradation sévère et obtenir un traité dont il espérait qu’il diviserait la gauche, Nicolas Sarkozy a tout lâcher à Angela Merkel. Mais le traité est difficilement acceptable au delà du Fond européen de stabilité, d’ailleurs faiblement doté et subordonné à un deuxième traité lui totalement contestable. L’Allemagne veut-elle prendre le leadership européen ? Très bien, mais l’Europe ne sera jamais une grande Allemagne. Et ceci impose de « porter » les plus faibles et l’intérêt général. Au passage cela induit une politique de puissance sur le plan militaire, voire diplomatique. Comment peut-on croire que cela fonctionnera sur la base de l’égoïsme national ? Comme peut-on croire que l’un sans l’autre cela ne provoquera pas des réflexes ? Comment ne voit-on pas le développement inégal mais combiné de l’Europe ? Comment peut-on croire un instant que le chantage « l’Europe, à nos conditions ou la crise » fonctionnera ? Le déséquilibre du couple franco-allemand est une constante. L’intelligence fut que jamais le dominant poussa le conjoncturellement dominé à la faute. Il y a peu le ministre des Affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, s’inquiétait du fait que l’Allemagne était trop dure avec la France. Alors l’intransigeance pour faire évoluer le traité le serait. Et pourtant Mme Merkel est venue soutenir Nicolas Sarkozy pour fermer la porte à une renégociation. Derrière le masque de la rigueur de la droite allemande, il y a évidemment des objectifs libéraux, mais quoi d’autre ?

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