Poutine / Sarkozy: même ressort, même rhétorique

par · 24 février 2012

Le Président sortant avait le choix des armes: père apaisé de la nation, défenseur de l’orthodoxie budgétaire dans la crise voire après le bouclier de la rigueur, le glaive de la croissance. Les classiques de la droite ne manquent pas. Mais Nicolas Sarkozy est allé chercher chez Vladimir Poutine les ressorts de sa rhétorique. Même glorification nationale, même discriminant pour ou contre la nation, même appel au peuple contre les élites, même rhétorique contre les ennemis censés porter atteinte à la sécurité ou à l’identité, même disqualification brutale des opposants, même appel à la classe ouvrière de province contre les couches urbaines « boboïsées », même appel à la force, à la virilité dans des meetings surgonflés. Evidemment, Nicolas Sarkozy n’est pas Vladimir Poutine mais comme Georges W Bush hier ou Silvio Berlusconi, il y a dans ce type de campagne les mêmes ressorts: déplacer la colère du peuple, faire disparaitre le bilan derrière une autre controverse, jouer sur les peurs, les amertumes pour leur offrir un autre débouché que la sanction.

catégorie Ecrits, Expressions

Les commentaires2 Commentaires

  1. topaz dit :

    La campagne dérape grave dans les échanges et commentaires, les sondages flottent sans plus aucun repère. Marine Le Pen manque d’argent et de signatures mais le curseur de ses sympathisants va grimper en flèche car nombre d’électeurs de droite et de gauche n’en veulent plus, n’en « peuvent » plus de ce pugilat scolaire entre Hollande et Sarkozy ou leurs scribes télécommandés qui perdent leurs nerfs. Ils ont tort tous les deux de jouer à ce petit jeu et s’ils continuent sur ce terrain mouvant, l’un des deux sera exterminé sans sondage voyeur. Bis repetita. Vous avez voté Chirac une fois, êtes-vous prêt à voter Sarkozy ? La droite est-elle prête à voter Hollande ? N’oublions pas, qu’avant le 6 mai, il y a un premier tour de scrutin.

  2. topaz dit :

    Un développement tortueux. Après l’Allemagne nazie, nous voilà en Russie. Le candidat Sarkozy vous effraye-t-il à ce point ? Au point d’occulter le président et de durer 5 ans de plus ? Il en est capable et vous ne l’aviez pas envisagé. Vous avez Hollande et vous devez faire avec. Passage en force ou rapport de force dans cette élection contrariée par les personnes et par le contexte ?
    « Nous ne pourrons pas tout faire, nous ne pouvons pas tout promettre ». François Hollande sera « obligé » de revenir sur ses promesses de début de campagne, et il dira pour s’en exonérer que crise oblige, comme il est reproché à Sarkozy de jouer sur le syndrome de la crise pour excuser le bilan. Mais la crise est là, paramètre incontournable. Elle a rendez-vous avec la croissance, mais la croissance n’est pas là. Celui qui sera en prise avec elle (la crise) le 6 mai, qu’il soit de droite ou de gauche, devra l’affronter. Le futur président sera l’otage de la crise et de la dette, le président de la cridette. En attendant cette campagne dans ses commentaires est un dialogue de sourds. François Hollande doit se projeter dans ce qu’il veut faire et cesser de courir derrière un bilan que Sarkozy va utiliser comme tremplin. Si les électeurs s’y retrouvent …