Poutine l’a emporté au premier tour

par · 5 mars 2012

Vladimir Poutine a remporté au premier tour la présidentielle de dimanche avec 63,42 % des voix a annoncé la commission électorale russe. « Cette victoire au premier tour était évidente », a déclaré le chef de campagne de M. Poutine, Sergueï Govoroukhine. « Il n’y aura pas de deuxième tour », a-t-il ajouté.
Vladimir Poutine est resté l’homme fort du pays malgré la baisse nette de sa popularité et va donc entamer un nouveau mandat, cette fois porté à 6 ans.

Le communiste Guennadi Ziouganov arrive en deuxième position avec 17,82 % des voix. Il a aussitôt dénoncé un scrutin « de voleurs, absolument malhonnête ». L’opposant libéral Vladimir Rijkov a quant à lui jugé le vote illégitime : « Pas un paramètre ne permet de considérer cette élection comme légitime », a estimé celui qui demeure l’un des leaders des manifestations d’opposition de ces derniers mois.
 En troisième position, le libéral Mikhaïl Prokhorov (7,5 %), révélation de cette élection devance le populiste Vladimir Jirinovski (6 %) et le social-démocrate proche du Kremlin Sergueï Mironov (3,67 %) qui a complètement raté sa campagne…

En réponse a cette victoire de Poutine, l’opposition a appelé à un grand rassemblement Place Pouchkine, dans le centre-ville ce lundi soir, qui devrait faire de cette journée une étape cruciale pour l’avenir du mouvement de contestation. Maintenant si la protestation restera forte, la plate-forme pour en faire un mouvement politique reste impossible en raison des grandes disparités entre les organisateurs.
 Des partis d’opposition et une ONG russe dénoncent les fraudes dans de nombreux bureaux à travers le pays. Un site a été mis en place pour comptabiliser les infractions constatées par la Ligue des électeurs, le parti démocrate Iabloko et les partisans de Mikhaïl Prokhorov, ont comptabilisé plus de 4 500 cas de violation de la législation électorale.
 « Transport massif d’électeurs », cas de bourrage d’urnes. Devant certaines évidences la commission électorale centrale a promis d’annuler le résultat d’un bureau au Daghestan. Le parti communiste dénonce lui aussi toute une série de fraudes, comme celles commises selon ses observateurs dans un bureau de vote de la région de Kirov, où une liasse de bulletins a été jetée dans l’urne… 
L’ONG Golos, qui a réalisé une carte des fraudes interactive en ligne en coopération avec l’édition russe du magazine américain Forbes, a recensé de son côté plusieurs centaines de violations.


Malgré cette victoire, Poutine fait face à une vague inédite de contestation depuis les élections législatives de décembre, entachées par des fraudes massives selon l’opposition. 
La Russie vit en ce moment la révolution de l’Internet. Le développement de l’Internet et des réseaux sociaux, ces dernières années, a atteint une masse critique. Certes celle ci ne touche pas l’immense masse populaire Russe qui ne connaît que des régimes forts et se méfie du caractère dispersif de la démocratie. Russie profonde qui a été échaudé par la fin des années Eltsine. Au sommet il semble que l’oligarchie soit entrée en tension. Car il est peu probable que le mouvement que nous constatons fut possible dans ces conditions sans « désaccord « au sommet. Mais entre une Russie qui regarde les démocraties occidentales, des failles au sommet et un pays profond qui souffre de la crise. L’instabilité est là.