Réplique à Patrick Buisson.

par · 15 mars 2012

Le concepteur stratégique de la campagne de Nicolas Sarkozy s’est exprimé dans le Monde. Le problème avec Patrick Buisson est qu’il propose toujours la même campagne, celle qu’il avait concocté pour Philippe de Villiers. Elle permet l’émergence voire la reconnaissance. Mais elle contrarie le rassemblement.

1- La raison pour laquelle Nicolas Sarkozy l’a adoptée, c’est qu’il s’agit un produit de substitution au débat sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy: une méthadone face aux drogues dures du bilan. La preuve : à aucun moment Patrick Buisson ne parle du bilan. La preuve : dans la campagne les ministres et le gouvernement sont cachés. La preuve : Nicolas Sarkozy est allé chercher Rachida Dati parce qu’elle n’est plus ministre et parce qu’elle s’est opposée à François Fillon.

2- L’argument massue du conseiller lorsqu’il conteste les sondages repose sur la surcôte de l’abstention au second tour. Du jamais vu sous la Ve République. Mais précisément, la droite majoritaire dans les sondages ne parvient pas à se rassembler au second tour. Ceci est dû tout à la fois à un Sarkozy rejeté, mais aussi à la stratégie pour le moins identitaire. Il y a là tout le problème stratégique de Nicolas Sarkozy : il ne rassemble pas, il ne coagule pas, il n’y a pas « d’envie » Sarkozy

3- Ensuite Patrick Buisson tente de comparer les chiffres de François Hollande au lendemain de la primaire, citoyenne de 35 à 39 % et ceux de maintenant. Il en tire argument sur une tendance baissière du candidat de la gauche ; et d’en déduire qu’il n’y a pas d’adhésion ! Amusant ! Dire qu’il n’y a pas d’adhésion, alors que François Hollande est entre 28 et 30 %. C’est-à-dire bien au delà des frontières du PS qui se situent entre 20 et 22 %. C’est quand même osé ! Le problème de Patrick Buisson réside dans le fait que François Hollande résiste dans les sondages aux offres politiques multiples et à la campagne de Nicolas Sarkozy.

4- Le politologue se moque ensuite du référendum anti-Sarkozy de François Hollande, l’argument venant d’un camp qui n’a pas de programme. Nicolas Sarkozy n’en a toujours pas présenté, lui qui joue tout sur un référendum pour ou contre l’immigration, voilà qui est amusant !

5- Alors Patrick Buisson appelle Jean-Luc Mélenchon à la rescousse qui serait en dynamique. Jean-Luc Mélenchon fait une bonne campagne dans l’espace de la gauche radicale. Il a siphonné cette dernière. Pourquoi devrait-on s’en plaindre ? Son problème est double. Il est indexé sur la bonne tenue de Hollande. Si ce dernier fléchit, le vote utile sera mécanique, il suffit d’entendre l’appel de Bernard Thibault à abattre Nicolas Sarkozy. Jean-Luc Mélenchon, après la manifestation de dimanche, sera contesté par Poutou et Arthaud qui viennent d’être qualifiés. Donc il y a là de la complémentarité, pas du danger.

6- Exit Mélenchon ! On passe au Général de Gaulle dont la stratégie de Nicolas Sarkozy s’inspirerait. On ne fera pas l’injure à Patrick Buisson de méconnaitre le contexte de la campagne de 1958. L’Algérie pesait sur les débats. La République semblait en danger. Mais passons ! De Gaulle s’adressait au peuple tout entier. Sarkozy s’adresse à la droite radicalisée. De Gaulle déclinait l’intérêt général, Sarkozy fait de l’immigration un ennemi national.

7- Et dernier argument, Patrick Buisson lance un nouveau concept : Le candidat des frontières contre le candidat sans frontières. Il s’agit d’une nouvelle forme du parti de l’étranger. Mais là encore l’argument ne tient pas la route. Pour Nicolas Sarkozy les frontières européennes sont faites pour bloquer les flux humains. Mais elles doivent être poreuses aux capitaux, aux marchandises et à la pollution. Cherchez l’erreur !

Au total toutes les ressources dialectiques de Patrick Buisson sont inopérantes à sauver l’homme d’un camp contre l’homme du rassemblement pour le changement tranquille.

 

 

Les commentaires1 Commentaire

  1. jean dit :

    étant fonctionnaire aux finances, je constate que la lutte contre la fraude fiscale est de l’affichage quand la rgpp a fusillé les effectifs en charge du contrôle fiscal…une mesure forte d’hollande aurait été de s’inspirer sur l’efficace système belge de lutte contre les carroussels TVA.La france pourrait récupe r plus de 4 milliards d’euros…

    Ensuite, une autre mesure forte serait de permettre aux nombresues personnes en HLM pour ceux qui peuvent d’en acquerir un pourcentage en fonction de leur ancienneté dans les lieux (plus de 15 ans par exmple), acquisition sous condition de ressources avec une décote des loyers déja payés par exmple…mesure très forte…

    il faut maintenant tuer ce match avec un président sortant sans bialn, sans programme qui enfume comme un dingue…