1er mai, la fête internationale des travailleurs

par · 1 mai 2012

En ce 1er mai 2012, je veux saluer le monde des travailleurs et tous les travailleurs du monde.

Cette belle journée internationale a un sens qui ne doit pas se perdre dans les détournements et les falsifications auxquelles nous assistons, notamment durant cette campagne présidentielle.

D’abord le 1er mai fut « souillé » par le Front national et son défilé en marge duquel un jeune marocain fut jeté à la Seine en 1995 par des skinheads qui faisaient partie du cortège lepéniste. Nous nous en souvenons encore. François Mitterrand était venu en personne rendre hommage à la victime. C’était la veille du grand meeting d’entre deux tours de Lionel Jospin qui s’était lui aussi tenu à Bercy. Depuis, chaque année, un hommage est rendu à Brahim Bourram, la victime, pont du Carrousel pour rappeler à ceux qui oublient que les idées du Front national peuvent tuer.

Le 1er mai 2002 fut d’ailleurs un défilé massif, avec plusieurs millions de citoyens dans la rue pour dire « non » au Front national.

Dix ans plus tard, ce 1er mai est sous le coup d’un autre dévoiement, cette fois par les conservateurs et leur candidat Nicolas Sarkozy. Non content d’avoir attaqué de front les syndicats, Nicolas Sarkozy prétend fustiger les oisifs et les gens qui ne veulent pas travailler alors qu’il a passé son temps à protéger ceux qui, comme disait François Mitterrand « s’enrichissent en dormant ».

Si le 1er mai est à ce point convoité, c’est qu’il est fondamental. Dans toute l’Europe, la social-démocratie est fidèle au rendez-vous de cette journée internationale des travailleurs.

Un acquis historique du mouvement ouvrier qui, grâce ou à cause des attaques de la droite contre le monde et le droit du travail, conserve toute son actualité.

En effet, le 1er mai était pour les syndicalistes américains un moment de revendication pour la réduction du temps de travail.

Puis les socialistes de la IIe Internationale, sur proposition du syndicaliste Raymond Lavigne en firent une journée de grève et de lutte. Bien souvent, la police chargea et tira sur les foules rassemblées ce jour là comme à Fourmies dans le Nord de la France en 1891.

C’est la droite qui a instauré l’expression « fête du travail », mais pour nous, il s’agit de la journée internationale des travailleurs.

Il y a quelque chose d’indécent et d’indigne à voir celui qui a démantelé le droit du travail comme jamais auparavant s’approprier ainsi une journée de lutte pour l’égalité des droits et la dignité du travail. Ce n’est pas une récupération, c’est une provocation.

Nous rendrons le 1er mai à ceux qui travaillent et qui ne peuvent être défendus que par le camp qui a fait voter les grandes lois sociales de ce pays et qui continuera à lutter pour le travail décent pour tous.