Le Commission creuse son déficit avec les peuples

par · 31 mai 2012

La Commission européenne a adopté ses recommandations spécifiques par pays, exercice annuel concernant la réalisation des réformes favorables à l’équilibre des comptes publics et le soutien à la croissance et évaluant le bilan du gouvernement sortant. Son diagnostic ? Il faut aller encore plus fort !

Conçu initialement pour concilier la mise en œuvre de la stratégie européenne de croissance, la stratégie UE 2020, et le respect des engagements budgétaires nationaux à l’égard du Pacte de stabilité. Ce document recommande l’affaiblissement des dispositifs du droit du travail pour lutter contre le chômage, tout en soulignant la nécessité de contenir toute augmentation du salaire minimum français, mais on croit rêver !

Ces recommandations, fondées sur le Programme National de réforme envoyé par le gouvernement Fillon avant l’élection de François Hollande, s’inscrivent dans l’esprit du pacte « Europlus » conçu par la droite conservatrice européenne. Le Commission jouant pleinement la carte d’une concurrence exacerbée des modèles économiques et sociaux plutôt que celle de la solidarité et de la croissance. les remèdes préconisés en Grèce, au Portugal et en Irlande mènent à l’impasse. Mais nos « Thomas Diafoirus » de la finance n’en ont cure. Ils appliquent et sur quel ton, des recettes d’une orthodoxie libérale confondante: obnubilés par le seul rétablissement des comptes publics, la mise en oeuvre des programmes d’ajustement macroéconomique plonge la zone euro dans une récession qui compromettra la résorption des déficits. la réalité économique et sociale apporte chaque jour un désaveu cinglant des politiques d’austérité élaborées par la Commission Européenne. Alors même que l’instabilité financière persistante est une menace directe pour l’intégrité de la zone euro, la Commission maintient ses oeillères libérales. Par contre les objectifs de la stratégie de croissance et d’emploi européenne EU 2020 ne font l’objet d’aucune recommandation spécifique. Or, seule une initiative forte en faveur de la croissance et de l’économie de la production, fondée sur le développement d’euro obligations, des euro projets et l’instauration d’une taxe sur les transactions financières permettra de sortir durablement l’Union Européenne de l’ornière du marasme économique, financier et social actuel. On mesure le combat qu’il faut mener pour réorienter la construction européenne. La social démocratie européenne devrait engager la bataille contre la Commission qui applique les projets de la droite européenne et dont le mandat démocratique est insignifiant.

catégorie Ecrits, Europe, Expressions

Les commentaires1 Commentaire

  1. Bobditlane dit :

    Aux yeux des français, des italiens, des espagnols, des grecs…la «commission européenne » n’a aucune réalité palpable tant les membres qui la composent, non élus au suffrage universel, apparaissent comme des extraterrestres très éloignés du quotidien!

    Avec une vulgate plus intégriste que jamais, ces « messieurs dames » pensent pouvoir décider du sort des peuples, sans voir qu’à leur porte gronde déjà un monde à bout de souffle, et dont ils aimeraient un peu plus serrer la ceinture ! La commission européenne prend fait et cause pour la stricte application des règles d’un monde financier aux commandes, et la dette des pays est l’argument passe-droit devant les démocraties pour tenter d’imposer des plans de rigueur budgétaire, tout autant immoraux qu’inapplicables: De facto, de par son positionnement partisan, cette commission ne se délégitime-t-elle pas politiquement ?

    Il faut aussi s’interroger sur l’origine même des dettes. De décennies en décennies, imaginons que l’argent publique ait doucement glissé vers les grands groupes privés sous forme d’aides d’état, de privatisation des entreprises publiques, de marges bénéficiaires volontairement élevées sur les produits de consommation, poussant les peuples à l’endettement tout en renforçant le pouvoir de gestion des systèmes financiers, et nous aurons un éclairage suffisant pour comprendre le «hold-up » dont il est question : Demander aux peuples de rembourser ce qu’on leur a pris ! Le tour de passe-passe est si brillant qu’il aveugle et mystifie bon nombre de consciences citoyennes.

    C’est un drame qui se joue pour des millions de familles confrontées à la rigueur et au recul des acquis sociaux, une angoisse pour les nouvelles générations sur le marché du travail, un non sens économique alors que nous avons toutes les intelligences et les savoir faire nécessaires pour qu’il en soit autrement.

    Cette guerre lancée contre les populations est un défi : L’Europe politique doit changer son fusil d’épaule pour une orientation économique, écologique et sociale radicalement différente!