François Hollande: un maximum d’effet dans un minimum d’espace

par · 29 juin 2012

Le sommet européen débouche sur des avancées non négligeables. Renouant avec la théorie chère à Monnet dite de « l’engrenage », François Hollande a délaissé l’ultimatum Sarkozien pour l’avancée, fut-elle à pas de tortue. Le Président français a parfaitement utilisé la conjoncture américaine de demande de croissance européenne. Barack Obama, en campagne s’est fait pressant auprès d’Angela Merkel. Il a su jouer de la pression des Pays-bas, de l’Espagne, de l’Italie pour faire avancer la chancelière allemande sans que celle-ci ne perde la face puisque la France a publié ses lettres de cadrage budgétaire avant la fin du sommet. Résultat: il y a une inversion de perspective. Avec celle de Nicolas Sarkozy c’était d’abord l’austérité pour pouvoir mieux emprunter. Avec François Hollande c’est d’abord la croissance pour mieux soulager l’austérité.
On connait maintenant les données du pacte:
1/ augmentation du capital de la Banque européenne d’investissement, 10 milliards d’euros pour générer 60 milliards d’euros de prêt
2/ ré allocation de subventions européennes 55 milliards d’euros
3/ lancement d’un projet de pilotage d’emprunt. Et surtout la taxe sur les transactions financières d’ici la fin de l’année, ce qui était la revendication phare du Parti socialiste et du SPD. Cela ne produit pas la croissance mais modifie l’impression rétinienne du traité et donne la base pour un nouveau cour.
François Hollande n’avait pas beaucoup d’espace pour obtenir une évolution de la chancelière qui avait coproduit le traité d’austérité. Cela n’était pas donné. Il a réussi avec cette dernière à le faire sans rompre. Évidemment cela ne change pas notre donne budgétaire contrainte. Mais ouvre la perspective de ne pas être condamné à l’austérité à perpétuité. Un maximum d’effet dans un minimum d’espace tel sera le bilan de ce premier round européen pour François Hollande.