Automobile: mobilisation générale

par · 14 juillet 2012

D’abord M. Varin doit assumer ses responsabilités ! Invité de RTL pour justifier son plan de suppression de 8000 emplois annoncé par son groupe, Philippe Varin, PDG de PSA s’est totalement défaussé de ses responsabilités. Alors que des milliers de familles et de territoires entiers s’apprêtent à subir les conséquences du plan social de PSA, les déclarations de Monsieur Varin, qui expliquent que le problème est le coût du travail en France, sont pitoyables et dérisoires.

Lorsqu’en 2010 Monsieur Varin avait quadruplé son salaire en le portant à 3.25 millions d’euros, la question du coût du travail le préoccupait moins qu’aujourd’hui.

Faut-il également rappeler que PSA a bénéficié d’un plan de soutien considérable des pouvoirs publics, 4 milliards pour permettre à la filière automobile française de faire face à la concurrence sur le coût du travail.

C’est d’abord le manque de vision stratégique de la direction de PSA qui a placé le groupe dans les difficultés qu’il connait aujourd’hui. Ensuite il faut contester le fond et la forme du plan présenté par PSA. Enfin il faut un plan de soutien à la filière automobile. Il sera présenté par le gouvernement le 25 juillet.

Après des années de négligence qui ont conduit à la disparition de 750 000 emplois industriels depuis 2002, la France paie au prix fort le manque d’ambition de l’UMP pour l’emploi, la croissance et la vitalité économique. Quant à la question sur la compétitivité, elle sera biaiser tant que l’euro sera fort face à un dollar et un yuan maintenu bas par des décisions d’état, elle devient urgente. Le débat sur le niveau de l’euro, le niveau des taux et la mutualisation de la dette refuser par la droite allemande est une nécessité. Sinon le débat sur la compétitivité pour peu qu’il ait une réalité est vain.

Les commentaires1 Commentaire

  1. Bobditlane dit :

    Voilà bien l’exemple d’une entreprise qui, à l’annonce de 8000 suppressions de postes par son PDG, et après avoir bénéficié de 4 milliards d’aide d’état, voit son action monter de 1.34% puis dévisser par crainte des investisseurs que l’Etat français engage un blocage du plan de restructuration.

    Sous un fallacieux prétexte, le coup du travail trop élevé, c’est le travail qui en prend un coup : Le monde boursier tue le travail, le social et l’économique. Que ces gens cessent de vouloir donner des cours d’économie et prennent leurs responsabilités ; que cessent la casse de l’outil de production et le chantage à l’emploi ! Une seule éthique devrait avoir cours: « – Non aux valeurs boursières, oui à la valeur travail! ». Combien de milliards d’aide financière (comptés dans les dettes d’Etat) ont été versés à ces entreprises aux manips boursières plus que douteuses? De même que pour les banques, on ne doit plus donner un sou à ces gens-là : Après avoir engrangé des milliards de bénéfices qui ne servent à personne, qu’ils remboursent les aides…Pour gagner beaucoup d’argent et verser à leurs serviles PDG un salaire de plus de 200 fois le smic, ces entreprises prennent des risques : Qu’ils assument leurs pertes – les peuples, déjà bien pressés, n’ont pas à payer leurs dettes de jeux!

    L’entreprise PSA comme tant d’autres est dans cette logique infernale : Se plaindre du manque de compétitivité, alors que l’euro fort ne bénéficie qu’à l’Allemagne, et demander encore plus de sacrifices, encore plus de rigueur budgétaire sans la moindre assurance d’une dynamique de relance, c’est vouloir un peu plus asphyxier et soumettre les pays d’Europe aux dictats de leurs créanciers!