« Ils prennent aussi les enfants »

par · 16 juillet 2012

L’Eté 42 ne fut pas l’âge des premiers émois amoureux pour des milliers d’enfants juifs dans la France de l’Occupation. Ce fut le début du pire des cauchemars.

Alors que la France se souvient, en ce 70e anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv, le combat doit continuer contre « l’oubli ». Un oubli qui se nourrit de la banalisation, surtout, de la présence « optionnelle » de l’Histoire dans certains programmes scolaires de Terminale depuis 2009. Aujourd’hui, une majorité des moins de 35 ans ne connaît pas cette histoire ! Comment faire vivre ensemble des personnes qui ne se connaissent pas ? Comme bâtir un récit national si la mémoire flanche ?

Dans le 19e arrondissement de Paris, devant chaque école, cette mémoire tragique survit depuis qu’on apposé des plaques commémoratives afin de rappeler qu’en 1942, « ils » ont aussi pris les enfants.

Le vieux proverbe yiddish disait « heureux comme Dieu en France » et il est vrai que notre pays avait accueilli les damnés d’Europe centrale et orientale fuyant les pogroms. L’avènement du nazisme avait entraîné de nouvelles vagues. L’intégration fonctionnait malgré un antisémitisme qui n’était pas encre puni par la loi.

Et puis le régime de Vichy donna dans le zèle en devançant souvent les demandes des nazis concernant les juifs.

L’histoire de la rafle est bien connue. Ce fut une tâche sombre sur l’uniforme des fonctionnaires de police qui acceptèrent de collaborer à cette infamie. Je me suis battu dès mes premières années de parlementaire pour que la République donne à cet événement la place qui devait être la sienne pour qu’il ne soit pas un détail.

L’arrestation de ces 13 000 juifs leur déportation, leur extermination a souillé notre pays qui, depuis, a fait un long chemin.

Pour le poursuivre dans le bon sens, il faut entretenir la mémoire et prendre appui dessus pour construire un monde meilleur.

Les commentaires1 Commentaire

  1. Rosalie dit :

    J’avoue être surprise des pourcentages d’ignorance révélés par ce sondage. Cela fait tout de même partie des programmes d’histoire, et beaucoup d’efforts ont été faits, notamment dans les collèges, pour la connaissance de cette période de notre histoire. En particulier à l’aide des témoignages d’anciens déportés, d’anciens résistants, qui inlassablement sont allés d’établissement en établissement. Mais il est vrai que ces témoignages vont se faire de plus en plus rares, c’est donc à nous de prendre le relais.

    Maintenant, lorsqu’on connaît les difficultés rencontrées par les enseignants d’histoire pour parvenir à aborder correctement l’ensemble des thèmes des programmes, il est fort possible que cet événement, noyé dans une quantité d’autres informations, soit tombé dans l’oubli pour un certain nombre de nos jeunes.

    C’est donc une très bonne chose d’avoir publié les résultats de ce sondage. Cela nous montre la nécessité, pour tous ceux qui savent, de se sentir responsable face au devoir de mémoire. Témoigner, afin que cette page noire de notre histoire ne tombe pas l’oubli.
    Et comme vous le soulignez, c’est tellement important de regarder le monde d’aujourd’hui en ne perdant pas de vue les enseignements du passé.
    Amitiés à vous.