Budget rectificatif pour 2012: l’enterrement des mesures du gouvernement Sarkozy

par · 20 juillet 2012

Après plusieurs nuits de débats parlementaires quelques peu houleux, la loi de finance rectificative a été votée par l’Assemblée nationale tôt ce vendredi matin.

La première loi budgétaire du quinquennat du président François Hollande rompt ainsi avec les mesures emblématiques du précédent gouvernement tels que la fin de la hausse de la TVA sur les livres et le spectacle revenant à 5,5 %, la suppression de la franchise médicales de 30 euros pour l’Aide médicale d’Etat, la fin des exonérations sociales et fiscales liées aux heures supplémentaires, et plusieurs mesures phares de la loi Tepa du quinquennat précédent. De même, la loi de finance comprend une contribution exceptionnelle sur la fortune, un durcissement des droits de succession et une taxe sur les stocks pétroliers.

Le nouveau budget entérine également la diminution de 30% du salaire du président et du premier ministre.

Ce budget rectificatif pour 2012 porte ainsi le déficit à 81,1 milliards d’euros.

Pour autant, aussi importantes qu’elles soient, aussi signifiantes qu’elles soient, toutes ces mesures sont transitoires.

La France flirte avec la récession, produit d’une politique que nous n’avons pas voulu et d’un cours européen que nous n’avons pas souhaité. La crise des dettes souveraines et la saignée industrielle qui submerge la France rendent le redressement francais encore plus difficile. Pourtant, il va falloir faire face. Les mois à venir vont être décisifs.

Les commentaires1 Commentaire

  1. Bobditlane dit :

    Voilà de bonnes nouvelles, mais sur un plan croissance cela ne suffit pas à sortir la France de l’impasse. Cette récession dont personne ne veut est le fruit d’attaques boursières d’une poignée d’individus, princes de la spéculation devenus maîtres des jeux sur les dettes des Etats, et bientôt sur les Etats eux-mêmes : La conférence/débat de Myret Zaki et d’Etienne Chouard de décembre 2011 à Genève, au titre évocateur « l’Etat et les banques, les dessous d’un hold-up historique », tentait déjà d’alerter sur les dérives boursières d’un monde financier sans foi ni loi, qui aujourd’hui fait courir aux peuples d’Europe le danger imminent d’une grande récession, au moins aussi tueuse que fût celle de 1929! À l’initiative et sur commande de talentueux acteurs boursiers, aux pouvoirs financiers devenus immenses, des fonds spéculatifs anglo-saxons parient à la baisse contre l’Europe, créant de graves dépressions sur la zone; ces opérations sont des attaques dignes d’une guerre économique et ont pour résultats chômage, pauvreté, précarité, recules sociaux, panne de croissance et rigueurs budgétaires sans cesse révisées à la hausse.
    L’année 1973 est à marquer au fer rouge : Une gouvernance française qui nous amène à redéfinir le sens du mot « félonie ». C’est ainsi que, à l’instar de leurs homologues européens, le président élu du peuple et son ministre des finances changent la règle (loi du 3 janvier 1973) en interdisant à la banque de France de prêter (sans intérêt) à son propriétaire l’Etat français, obligeant l’Etat à se tourner vers les marchés et les banques, et donc à payer des intérêts à des investisseurs privés plutôt que de se financer « gratuitement »…Durant quarante ans d’une folie dépensière les gouvernements successifs ne s’en sont pas privés ! Mieux, ou pire encore, cette loi félonne est inscrite dans la « constitution » européenne sous l’article 123.

    Depuis que les Etats flirtent avec la finance, les pays flirtent avec le chômage et les peuples avec la récession, gérant à la petite semaine des situations budgétaires toujours plus critiques, se repassant la « patate chaude » d’élections en élections sans vraie solution d’avenir possible. La seule prescription, le seul remède efficace pour éviter dans les deux ans un gigantesque Krach boursier et une récession sans précédent est que le politique reprenne le pouvoir économique et financier, que les Etats cessent de payer les intérêts d’une dette qui ne pourra jamais être remboursée et qu’enfin le gang des cinq (spéculateurs internationaux) puisse être mis hors d’état de nuire! Il n’y a pas d’autre solution possible, et il est juste encore temps !