L’effet portillon !

par · 1 novembre 2012

Après La chute de Nicolas Sarkozy toutes les catégories sociales, tous les segments de l’opinion ont cru voir leurs revendications satisfaites. Un « maintenant tout est possible » s’est mis en mouvement. Ce fut l’effet « portillon », la bousculade dans l’aspiration à voir tout et son contraire satisfait. Dans le même temps la gravité des déficits, les retards structurels, les exigences européennes ont pris à la gorge le gouvernement. L’impopularité actuelle de l’exécutif tient à la tension entre les deux situations.
L’impatience et l’urgence se sont percutées. Ceci au moment même où l’exécutif tentait un retour à un dispositif institutionnel qui rompait avec l’excitation impuissante de Nicolas Sarkozy: un président dans le temps long et apaisant, un gouvernement qui gouverne.
La bataille pour la présidence de l’UMP et la surenchère anti-socialiste, la dérive nationaliste et populiste, tout cela a hysterisé le moment contre François Hollande et Jean-Marc Ayrault. On ne passe rien. Tout est sujet à nourrir la critique. Ce qui donne à la situation un caractère artificiel. On ne perçoit pas ce qui est fait, on manifeste contre ce qui semble mal fait. Si la communauté socialiste ne se mobilise pas comme elle su le faire au congrès du PS rendant coup pour coup. Si elle ne travaille pas l’opinion sur ce qui fait son identité. Si elle n’offre pas la perspective d’une France nouvelle. Si elle ne fait pas la pédagogie de sa sortie de crise, de sa méthode… Il sera bientôt impossible de se rétablir, car l’apparence du désaveu aura pris définitivement le dessus pour une longue séquence.

 

catégorie Ecrits, Expressions

Les commentaires7 Commentaires

  1. Patrick P. dit :

    Les raisons du désamour de l’opinion publique à l’égard de l’exécutif français, récemment préféré pourtant par une majorité d’électeurs, a plusieurs explications : une situation sociale et économique particulièrement dégradée qui pèse sur le quotidien et le moral de beaucoup d’entre nous ; une attente d’autant plus grande de changements et d’améliorations que tel est le choix que nous avons fait sans ambiguïté dans les urnes ; une impatience entretenue par l’inévitable lenteur des processus démocratiques et progressistes de l’évaluation, de la concertation, de l’arbitrage, du débat, du vote et de la mise en oeuvre de mesures gouvernementales ou de décisions législatives.

  2. topaz dit :

    Il est au PS des personnes responsables, qui aiment leur pays et qui, eux aussi, s’inquiètent et s’impatientent … André Vallini et l’anonyme hollandais, qui n’a pas été entendu, ont raison. Exit l’héritage Sarkozy. C’est la prescription DSK. Après 6 mois d’exercice du pouvoir, on regarde devant et plus derrière. Dans son début de mandat, Hollande -pourtant énarque- se comporte comme le premier secrétaire qu’il fut, du flou et du temps. Les Français veulent du concret, de l’action, et comprendre. La gauche aime à citer Blum et Mendès-France. Alors qu’elle les imite dans le présent, ces hommes du passé, et qu’elle dise la vérité aux Français.

  3. topaz dit :

    Décidément, « rassembler » c’est le leitmotiv de la gauche. Après se rassembler derrière François Hollande pour faire tomber Sarkozy, c’est maintenant se rassembler pour faire taire l’opposition et les médias ! N’oubliez pas que vous avez un pays à diriger, un combat pour la France à mener et que ce serait bien de parler d’une seule voix.

  4. Ledet dit :

    « Le décret prévoyant une diminution des rémunérations de l’exécutif vient d’être présenté en Conseil des ministres. La mesure, déjà votée par le Parlement, avait d’abord été retoquée par le Conseil constitutionnel ».

    FH n’a pas renoncé, contrairement à ce que TOPAZ affirme.

  5. topaz dit :

    « L’effet portillon » – Un très joli titre qui, détourné de son présent contexte, pourrait être la métaphore d’un rêve désenchanté. « Ré-enchanter le rêve français », c’était la grande porte, le grand soir. Il nous reste … le portillon, et le sursaut, et/ou la troisième gauche !

  6. topaz dit :

    C’est une traduction très floutée de la réalité. Quand on est pris à la gorge il y a effet de surprise. Or, gravité des déficits et exigences européennes ne sont pas une surprise. Ces paramètres étaient là et bien présents, dès avant votre arrivée. C’est la non-anticipation du candidat Hollande qui a créé l’effet portillon, effet qu’il a entretenu pendant toute la campagne, en promettant pour gagner, un mirage aux Français. Ce que Sarkozy s’est efforcé de faire, en gesticulant et en surfant jusqu’au bout sur l’impopularité, Hollande l’a occulté, crucifié sur l’autel du changement, se faisant fort de faire mieux, vite et bien. L’impatience est légitime. Il n’y a pas que l’opposition qui donne de la voix, les Français s’interrogent sur des affirmations démenties dans la journée, des prises de position et leurs contraires. C’est pas sérieux. A propos, président et ministres n’ont rien perdu de leurs salaires ? Une proposition retoquée en août et en catimini par le conseil constitutionnel ? Comme beaucoup, la presse devait être en vacances !

  7. Ledet dit :

    Vous avez raison ! Il faut tous se mobiliser contre cette droite arrogante, revancharde et injuste.

    Il faut mettre en place la même stratégie que la droite : occuper l’espace médiatique.
    Répondre coup pour coup, y compris via les commentaires sur le net, l’UMP matraque partout, mêmes mots, mêmes verbes, mêmes thèmes.

    Rassemblons nous MAINTENANT !