Interview dans Le Figaro

par · 10 décembre 2012

Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux questions de la rédaction du Figaro. Vous pouvez lire l’entretien ci-dessous ou sur le site du Figaro.

LE FIGARO.- La gestion calamiteuse du dossier de Florange par le gouvernement a-t-elle pesé dans les mauvais résultats du PS aux partielles?

Jean-Christophe CAMBADÉLIS. – Florange n’a pas aidé mais cela n’explique pas tout. Ces résultats sont médiocres mais explicables. Les élections partielles sont toujours défavorables aux partis de gouvernement. Il faut ajouter à cela des éléments conjoncturels: le redressement efficace des comptes publics de notre pays ne fait pas que des heureux et le chômage a atteint des proportions inquiétantes. Ces résultats médiocres le resteront si le PS n’est pas capable d’expliquer son action, s’il n’indique pas où il va, comment il va sortir de la crise et avec quel type de société. Il doit replacer les efforts demandés aux Français dans une perspective. Pour résumer, si le PS ne fait pas de politique, il sera zappé.

N’y a-t-il pas une désillusion à gauche devant la ligne sociale-démocrate affirmée par François Hollande?

Il n’y a pas désillusion, non. Mais un stade d’observation, une absence de mobilisation. Notre électorat n’a pas trouvé de raisons de se déplacer, dimanche, à l’inverse de l’électorat de droite. Ce dernier a préféré se mobiliser pour combattre le pouvoir de gauche plutôt que de sanctionner ses dirigeants (François Fillon et Jean-François Copé, NDLR). C’est ce différentiel de mobilisation qui a fait le résultat. C’est préoccupant. On ne peut pas passer ces législatives partielles par pertes et profits. Il faut comprendre ce qui s’est passé et rectifier le tir.

Le PS s’est mis entre parenthèses pendant des mois du fait de la difficile succession de Martine Aubry. Le parti était-il suffisamment en ordre de marche?

Nous avons été plus dans l’installation que dans la mobilisation. Ça se ressent sur le terrain. Il manque au PS une démarche collective. Les socialistes doivent porter autre chose que la gestion de la crise.

Le PS lance une campagne pour le mariage gay. Est-ce pertinent de se concentrer sur le sociétal, dans un contexte de crise économique?

Le parti socialiste doit marcher sur ses deux pieds, conquérir de nouveaux droits de société et changer notre modèle productif. La liberté ordonnée sur les réformes de société, la justice, l’efficacité et le durable en économie, l’un ne va pas sans l’autre. Zapatero avait déjà tenté de substituer le sociétal à l’économie avec le succès que l’on sait. Le projet socialiste c’est une autre France, un autre modèle plus juste, plus fiable, plus solide dans la sortie de la crise. Ce que j’appelle une société décente. Sur le mariage pour tous, il vaut mieux rassembler que cliver. Je veux croire que l’initiative d’Harlem Désir, la pétition nationale sur ce texte, va dans ce sens.

Les commentaires2 Commentaires

  1. topaz dit :

    Au lieu de traiter Dominique Strauss-Kahn comme un pestiféré, beaucoup au PS devraient s’interroger et réagir. Qu’est devenue dans le PS d’aujourd’hui le strauss-kahnisme, la ligne politique d’avenir qu’il a défendue et portée ? Chirac a dit de Juppé « c’est le meilleur d’entre nous ». Le PS sera-t-il capable un jour de dire : c’était le meilleur d’entre nous ? avec des trémolos dans la voix pour l’imparfait … qui aurait dû et pu être … un présent parfait. Ne laissez pas la flamme s’éteindre. S’il ne la porte plus, faites vivre ses idées. Au-delà de l’économiste, l’anticipation était sa grande force, la démarche collective que vous appelez de vos voeux son but et son objectif.

  2. topaz dit :

    Avec ces législatives partielles largement perdues par la gauche, vous « vivez » effectivement ce moment -vous en aviez perdu l’habitude- des élections intermédiaires rarement favorables au pouvoir en place.
    Dans les réponses au Figaro, on ressent surtout votre impatience et votre volonté de lutter contre l’inertie, de mettre vite de l’huile sur le moteur. On parle beaucoup du mariage gay. On parle encore trop peu de l’univers carcéral, qui est indigne de notre république française, et qui concerne tellement plus de nos concitoyens, qui, eux aussi, ont le droit de purger leur peine dans des conditions décentes …