Rassembler pour un nouveau droit mais pas au delà

par · 16 décembre 2012

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Depuis les années 1970, j’ai été de tous les combats, ceux du FHAR avec Guy Hocquenghem, ceux du droit des homosexuels que nous avions intégré dans nos revendications étudiantes, ceux du Pacs. Je suis naturellement pour le mariage pour tous. Il s’agit d’un nouveau droit. Mais tenant de la troisième Gauche, je combat pour la liberté ordonnée. Alors avec la PMA ouvrant le chemin à la gestation pour autrui, nous passons à autre chose. Il ne s’agit plus seulement d’égalité, de liberté, mais du genre humain. L’adoption oui, mais la PMA c’est agir non sur la famille, non sur la morale, mais sur la réalité humaine voire psychique de notre société.

Cela nécessite un peu plus qu’un amendement dans un texte satisfaisant. Et je passe sur les divisions des socialistes sur le sujet, on ne verra plus que ça. Alors qu’il faut rassembler pour faire avancer la société.

Je demande donc à Bruno Leroux, Président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale de renoncer à cet amendement dans le texte. Il faut en rester à la belle victoire sur le mariage et sur l’adoption.

Je manifesterais aujourd’hui contre l’homophobie latente de certains propos, contre l’ordre moral des églises, pour conquérir un nouveau droit, mais pas au delà !

Les commentaires3 Commentaires

  1. topaz dit :

    Mon propos n’était ni homophobe, ni méprisant.
    L’hétérosexualité est, quand même, jusqu’à preuve du contraire, une généralité dans notre société. L’homosexualité, qui est une déviance relationnelle, est marginale. Elle s’impose à une personne dès les premiers émois amoureux, « ou » plus tard, après expérience des deux sexualités, ou parfois aussi, soudainement, chez certaines personnes après de longues années de vie en couple hétéro. Quelque part, il y a donc bien une notion de choix, de préférence sexuelle.
    « Agir sur la réalité humaine voire psychique de notre société » – Le débat sur le mariage a muté vers la PMA, la GPA, (pourquoi pas demain la banalisation de la bi-sexualité, voire de la trans-sexualité) des aspects graves qui ébranlent les fondamentaux de la nature humaine. Quid de la place de l’enfant dans ce schéma ?

  2. Alain Piriou dit :

    Seuls les commentaires homophobes* auraient droit de cité sur ce blog ? Votre modérateur a du commettre une fausse manipulation. Je retente ma chance.

    « la réalité humaine voire psychique de notre société » … Comme vous y allez ! La ressemblance de cet argument avec ceux avancés par l’épiscopat pour refuser l’ouverture du mariage et de l’adoption ne vous a-t-elle pas frappé lorsque vous l’avez écrit ?

    Par ailleurs, la PMA n’est-elle pas déjà ouverte aux couples hétérosexuels ? Et cela a-t-il provoqué les bouleversements éthiques que vous redoutez ? Ces bouleversements ont-ils eu lieu dans les pays où elle est déjà autorisée pour les couples de femmes ?

    Êtes-vous finalement convaincu qu’un couple de même sexe est bien l’égal d’un couple de sexes différents ? Comment, en effet, juger que la PMA pose encore question pour un couple de femmes alors qu’elle n’en pose plus pour un couple hétérosexuel ?

    Vous devriez développer un peu plus votre pensée, plutôt que de vous abriter derrière la mémoire d’un militant aujourd’hui bien dans l’incapacité de vous répondre, mais qui l’aurait certainement fait s’il était encore parmi nous, et bien plus vertement que moi…

    * « Ils et elles ont fait un choix de vie, qui exclut, quelque part, ce droit à l’enfant qu’ils revendiquent aujourd’hui, (une minorité) de façon égoïste et unilatérale », écrit Topaz. Nul ne choisit d’être homo ou hétérosexuel. Réduire une orientation sexuelle à un choix reflète au mieux de la méconnaissance, au pire du mépris.

  3. topaz dit :

    L’homosexualité n’est plus tabou. Elle est entrée dans les moeurs de notre société. Nous avons tous dans nos relations des amis (es) homosexuels (les). Rapport à la sucession -une question qui se pose pour tous- un couple d’homosexuels bénéficie aujourd’hui légalement, avec pacs + testament, des mêmes droits qu’un couple d’hétéros mariés. Va pour le mariage même s’il n’apporte rien de plus.

    Le droit à l’enfant est-il un droit ? Les Français, favorables au mariage, semblent plus réservés sur l’adoption. Dans l’intérêt de l’enfant, on devrait pouvoir se référer à une loi à tiroirs : dans le cas de couples constitués en famille avec des enfants déjà présents, il serait normal que le deuxième parent puisse avoir le même droit de regard et de décision sur les enfants (école, hôpital etc…). En revanche, mettre au monde un enfant ne relève pas du droit, de la loi, mais d’une relation homme-femme, ou dans l’exception d’une FIV. Les homosexuels (elles) vivent dans notre société une vie parallèle, reconnue mais marginale. Ils en acceptent les limites et les tolérances, ça se passe plutôt bien. On voit rarement, dans une soirée de bonne tenue, un couple homo danser le slow ou s’exhiber amoureusement. Ils et elles ont fait un choix de vie, qui exclut, quelque part, ce droit à l’enfant qu’ils revendiquent aujourd’hui, (une minorité) de façon égoïste et unilatérale. Preuve en est pour les plus lucides qu’ils expliquent un jour à leurs parents qu’ils ne seront jamais « grand-parents ». Un enfant naîtra toujours de la même façon, un adulte choisit sa sexualité mais ce c’est pas le rôle de la législation de s’immiscer dans la gestation d’un enfant. Les homosexuels peuvent déjà adopter un enfant orphelin du bout du monde. Il n’est pas nécessaire ni souhaitable -pour l’identité de l’enfant à naître- qu’ils puissent demain être légalement habilités à créer une chaîne de procréation, pour satisfaire leur égo de maternité ou de paternité. Un enfant n’est ni un jouet, ni un cadeau de Noël. Il a le droit d’avoir une enfance, une adolescence, qui le prépare à sa vie d’adulte, sans être balloté entre une mère biologique, une mère porteuse, une mère bis ou deux papas. Mettons-nous un peu dans la peau d’un ado de 13 ans, en pleine crise d’adolescence, d’émois amoureux (lesquels ?) élevé dans cette ambiance de recherche d’identité, de repères sur sa naissance ??? Un enfant a besoin de connaître ces repères pour devenir adulte et gérer sa vie. Tout l’amour et l’attention déployés suffiront-ils à effacer les interrogations, les humiliations à l’école et tant d’autres questions dans une vie d’enfant, qui, très vite, peut basculer dans une vie de délinquant. Ils sont si nombreux, près de nous, à être malheureux, maltraités, rejetés, livrés à eux-mêmes dans la rue … Alors, même si j’ai pensé autrement, j’ai envie de dire aujourd’hui, que les homosexuels vivent leur vie, qu’ils soient heureux, mais qu’ils ne demandent pas à la loi de leur conférer les mêmes prérogatives qu’aux hétéros, parce qu’ils sont différents et qu’ils n’ont pas le droit d’imposer leur choix à un enfant. Ils devraient le comprendre d’autant plus facilement qu’ils savent, combien souvent il a été pour eux difficile de faire accepter par leurs parents leur orientation sexuelle.