Mois février 2013

28 Fév

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Djibouti : le Parti socialiste inquiet des violences marquant la fin du processus électoral

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Le 22 février 2013, des élections législatives ont eu lieu à Djibouti. Les résultats provisoires indiqueraient une victoire de l’union pour la majorité présidentielle et une forte progression de l’opposition.

Le Parti socialiste se félicite que ce scrutin ait permis une participation de l’opposition, mais, il reste préoccupé par l’absence de résultats détaillés. Leur publication serait un acte de transparence essentiel.

Le Parti socialiste tient à rappeler son refus de toute violence et son attachement à la liberté d’expression et au droit de manifester, qui doivent être garantis y compris à l’issue des scrutins.

Il témoigne particulièrement de son inquiétude face aux informations faisant état d’arrestations de personnalités politiques et s’interroge sur les motifs de ces arrestations et mises en résidence surveillée. Le processus électoral doit pouvoir aller à son terme en respectant les droits de l’ensemble des partis politiques djiboutiens.

27 Fév

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C’est au tour de la Bulgarie

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bulgarie

Il souffle le vent de la colère sur l’Europe et la Bulgarie en est l’exemple. La démission du gouvernement bulgare la semaine dernière, suite à de violentes manifestations contre les augmentations de l’électricité, n’a pas apaisé la colère contre l’austérité qui frappe le pays le plus pauvre de l’Union européenne.

Alors que la crise politique n’est pas résolue, la crise sociale s’est aggravée. plus de 10 000 personnes dans les rues de Sofia, des affrontements et maintenant trois immolations en 10 jours.

La cible qui était la politique économique du gouvernement est devenue le gouvernement lui-même et l’ensemble de la classe politique.

L’austérité, la règle pour la droite européenne à laquelle appartenait le parti de B. Borissov (le GERB) qui a démissionné le 20 février, est désormais un noeud coulant qui étrange les peuples.

On a vu comment en Espagne, la protestation a connu une rare violence, comment en Grèce le climat s’est dégradé au point où les sondages donnent l’extrême droite en forte hausse. On sait ce qui se passe en Italie, en Tchéquie, en Autriche etc… Et maintenant c’est la Bulgarie, un état qui n’est pas dans l’euro.

Petit à petit l’Europe du PPE, des conservateurs, se désagrège. C’est un signe que partout en Europe, les peuples veulent secouer le joug de la droite européenne dont les solutions, – toujours plus d’austérité – aggravent une situation qu’elles étaient sensées résoudre.

La colère des Bulgares emporte avec elle les dernières illusions pour qui en avait sur la capacité de la droite à répondre à la crise. Elle a démontré sa surdité dans le débat sur le budget européen.

Plus que jamais, il faut changer de politique et faire advenir le changement non seulement à Rome et à Sofia, mais partout en Europe.

26 Fév

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L’Italie introuvable

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piereluigibersani

Tout le monde semble avoir gagner et l’Italie est éperdue. La courte victoire de nos amis du Parti démocrate – qui avaient réussi à rassembler la gauche, socialistes et socialistes écologistes de Nicky Vendola -, les rends majoritaire à la Chambre, mais pas au Sénat.

Ils devancent de peu le PDL de Berlusconi qui était majoritaire dans l’assemblée sortante. Monti est très loin derrière. La troisième force est celle du populo-amuseur Bepe Grillo qui, avec le PD et le PDL sont aussi  très hauts. Le pays a tranché mais se cabre et se cherche devant l’austérité.  Le parti anti-système a réussi à troubler la fête et cela oblige Bersani à trouver un ou plusieurs alliés pour construire sa majorité.

La stabilité d’un futur gouvernement ne semble pas acquise même si l’Italie a une culture de coalition alors que déjà les marchés se sont mêlés de l’élection…
Berlusconi a réveillé une droite populaire sur une ligne « nationale tribunicienne » prenant Monti comme cible : le parti de l’étranger responsable de l’austérité. Ce qui en dit long du rejet d’Angela Merkel et sa politique.

On dit souvent que la situation politique italienne préfigure toujours ce qui peut se passer ailleurs. Pour le coup, l’irruption d’un parti anti-système qui n’est que l’expression d’une désaffection, alors que les peuples ont besoin de solutions, est une configuration qui pourrait exister en Autriche où le duel permanent SPÖ – ÖVP risque d’être perturbé par un homme d’affaires qui recycle des anciens cadres du BZÖ, l’ancien parti de Haider, par exemple.

La troisième économie de la zone euro entre donc dans une zone de turbulences dont les élections devaient l’éloigner.

Ce qui ne sera pas sans conséquence pour l’Europe et l’Euro. On peut  parler ce matin de imbroglio européen et d’une Italie introuvable.

 

26 Fév

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La Turquie, l’Europe, et les Kurdes

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M. Erdogan a reçu Madame Merkel pendant que tout le monde médiatique s’affole sur le début des négociations avec le Kurde Ocalan. Il ne faut pas plus pour que l’on se demande si ce sont des pourparlers ou une véritable négociation. S’agit-il de faire plaisir à l’Europe en négociant aussi lentement avec les Kurdes que l’Europe le fait avec la Turquie ? Ou s’agit-il d’une prise de conscience que la Turquie devait organiser avec les ennemis d’hier un glacis face à la guerre civile syrienne, la possibilité qu’elle éclate en Irak et que l’Iran choisisse la terreur ou ne s’effondre sur elle-même ? Difficile de répondre et l’AKP a t-elle la réponse ? Nos interlocuteur ont des avis partagés. Les kurdes du BDP ont décidé de jouer à fond la carte. Nos amis du CHP turc sont plus circonspects. On peut s’interroger. Pourquoi alors qu’il s’agit de la question nationale, avoir exclu l’opposition de cet acte de réconciliation nationale par excellence ? Pourquoi maintenir autant de prisonniers ou refuser dans la réforme de la constitution de garantir les libertés publiques ou la laïcité ? Evidemment cela peut paraître lointain pour les Français. Mais l’avenir de la Turquie passe par celui des Kurdes qui sont le maillon fort de la stabilité dans la région. Et l’avenir de la Turquie, c’est pour nous Français ou Européens l’installation d’un Islam apaisé sans complexe et coopérant, réprouvant les djihads contre tous ceux qui sont des mécréants. Cela vaut la peine de travailler au rapprochement entre toutes les parties. C’est ce que nous avons modestement fait lors de nos entretiens à Ankara.

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25 Fév

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Le Kurdistan attend la France

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kurdistan2

Pendant que l’Europe se débat dans la récession et la montée des nationalismes, entre manifestations à Madrid et déclassement de la Grande Bretagne, le Kurdistan est en plein développement à la chinoise. Riche de pétrole, de gaz, et de réserves naturelles d’eau, destination de villégiature de toute la région, Ebril sa capitale, voit hôtels de luxe, aéroports internationaux se multiplier et Souleimaniyé la capitale culturelle n’est pas en reste. Cette région autre fois persécutée par M Khemal en Turquie, ayant vécu un génocide dans l’Irak de Saddam Hussein, réprimée en Iran, cette région qui se vit comme une nation issue du Califat de Saladin d’origine Kurde, est aujourd’hui un enjeux géopolitique majeur. Sur le plan économique, le revenu par habitant était de 100 dollars en 2003, il est maintenant de 1500 dollars, sur le plan géographique voisin de la Syrie déchirée par la guerre civile, l’Irak qui peine à se stabiliser après le départ des américains, l’Iran qui est au bord de l’asphyxie, et la Turquie qui vient d’ouvrir des négociations avec l’ancien chef du Kurdistan Turque, le Kurdistan est la rue tranquille de la région.

François Mitterrand avait eu un vision stratégique en intervenant humanitairement au Kurdistan au début des années 1990. Une grande route porte son nom. Madame Mitterrand est ici la grande référence du monde occidental. C’est dire que la France y est appréciée. Pourtant notre présence, malgré un consulat, n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Le Parti socialiste entretient les meilleures relations avec l’UPK de Talabani, Président de l’Irak et Vice-Président de l’International Socialiste, le PDK de Barzani veut se rapprocher de la social-démocratie européenne et principalement du Parti socialiste.

Pendant ces 48h, nous allons rencontrer tous ce que cette région compte comme dirigeants. Et nous avons été reçus ce soir à Ebril par « la France est bienvenue si elle le veut elle sera ici la première » puis deux heures de débat sur la région. Cela s’annonce passionnant.

24 Fév

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Le calme avant la tempête

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voyagesirak

Après avoir rencontré les plus hauts responsables des partis de Massoud Barzani et Jalal Talabani, après avoir dîné avec sa femme qui est la première dame d’Irak car son époux est hospitalisé – femme remarquable qui a combattu les armes à la main, connu l’exil, tourné des films, lancé des mouvements de femmes, sauvé les enfants de la rue – nous avons rencontré les Kurdes de Syrie, d’Iran, de Turquie et bien sûr d’Irak.

Au travers des discussions, il est évident que le sort de la région est en train de se jouer en Syrie. Si Nouri Al-Maliki, le Premier ministre irakien est contesté par tous, si chacun redoute la dictature, si le fédéralisme ne s’impose pas, la guerre civile vient. Ce qui serait un drame pour la région mais aussi pour un Kurdistan à la croisée des chemins.

Mais on en n’est pas là. Et C’est en Syrie où tout se joue. Bachar El Assad ne peut gagner mais chaque jour qui passe décompose un peu plus la solution. Les intégristes islamistes profitent de la prudence du monde occidental et les « Arabes », comme on dit ici, ne veulent entendre parler ni de Bachar El Assad ni des minorités. Ce qui renforce la prudence des Etats-Unis et de l’Europe, et ce faisant permet à Bachar El Assad de se maintenir.

La situation de la Syrie, du Liban et de l’Irak sont liés. Alors que l’Iran est asphyxié, mais s’accroche à sa bombe, l’Egypte facteur d’ordre est en dérapage incontrôlé. Israël a d’autres chats à fouetter et ne peut à lui seul stabiliser la région.

Les Etats-Unis sont partis d’Irak et semblent regarder autre part. La France a fort à faire au Mali, elle regarde la Tunisie et la Libye et elle s’intéresse plus aux colères de l’UMP après une sortie du Président au Salon de l’agriculture qu’a la géopolitique. L’Allemagne ne s’occupe que de son porte monnaie. Et l’Angleterre, déclassée, n’a plus les moyens de sa politique si ce n’est de faire chanter l’Europe.

Si les dominos se mettent en mouvement, le Kurdistan sera soit la Suisse pendant la seconde guerre mondiale soit encore et toujours la variable d’ajustement entre puissances régionales. Quand à l’Europe, elle ferait bien de suive François Hollande et Laurent Fabius qui ont reconnus le Conseil national syrien. Et il serait bon qu’elle se saisisse de cette question. Ce qui implique qu’elle réévalue sa relation à la Turquie seule puissance régionale stable et qui entend le rester en ouvrant des négociations avec les Kurdes…

La Turquie nous y serons demain.

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22 Fév

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La fin du cumul c’est demain !

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hemicycle102012

Évidemment les socialistes, enfin ceux qui sont défavorables au cumul des mandats, auraient aimé une loi « couperet ». Mais le Conseil d’Etat estime que l’on ne peut décider d’appliquer le non cumul dans la mandature. En effet, le Conseil Constitutionnel sanctionnerait un dispositif où les suppléants viendraient se substituer aux députés ayant décidé de choisir leur mandat local. Il ne reste que la mini dissolution comme l’indiquait Claude Bartolone. Donc nous passons d’une loi « couperet » à une loi lissée. Certes on peut en appeler au peuple. J’ai préconisé un référendum à questions multiples. Cela permet de trancher plusieurs questions sans que le Président prenne la réponse en boomerang. Mais cela ne changera pas la date d’application. Il ne faut donc pas se battre sur les moyens mais sur la fin. Il doit y avoir soit par la loi, soit par référendum, la fin du cumul des mandats sous la mandature de la gauche. La date difficilement praticable est secondaire. J’imagine mal le Parti socialiste voter contre le texte gouvernemental au prétexte qu’il ne s’appliquerait pas avant les municipales. Le fétichisme des dates ne fait pas le changement. C’est le changement qui fait le changement. Attention de ne pas confondre forme et fond. Il serait paradoxal de voir le verre à moitié vide. La fin du cumul c’est demain et ce sera grâce au Parti socialiste.

20 Fév

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Le quinquennat se joue maintenant

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francoishollande

Le quinquennat se joue tous les jours, mais il y a des moments où se cristallisent l’attention et les décisions. Tout fait sens en même temps que les attitudes et les choix engagent le pays. Le budget européen, honorable compromis, mais déception sur la croissance européenne. L’impossibilité d’atteindre cette chimère nécessaire des 3% maintenant. Les pronostics de croissance qui tangenteront zéro. La montée vertigineuse du chômage, la sarabande de la Cour des comptes pour nous engager dans l’austerité renforcée. Sans parler de l’exigence de toutes parts de réduire la dépense publique au-delà du nécessaire, lever le pied et la France a le destin de l’Argentine. D’autant que les déficits sociaux vont nécessairement augmenter. L’austérité renforcée, ce nouveau tour de vis qu’on nous demande ici ou là. C’est – au-delà de son caractère socialement difficilement supportable – prendre le chemin du couple infernal réduction des dépenses / récession, visible en Grèce, au Portugal ou en Espagne. Il faut donc avoir beaucoup de sang froid et maintenir la ligne de redressement autour de la compétitivité, l’effort justement réparti, la maitrise des dépenses initialement promis autour de 60 milliards d’euros. Il faut réaffirmer que la trajectoire est bonne. On a jamais désendetté à ce point dans ce pays. Il faut continuer à agir en France et plaider en Europe pour les instruments de la croissance. L’Allemagne est confrontée au mur de son idéologie. Le théorème Merkozy « de l’austérité jaillira la croissance » a conduit – sous les applaudissements des conservateurs européens – à la récession qui pénalise les exportations allemandes. Barack Obama défend une vigoureuse politique de relance. Jour après jour, hommes politiques, décideurs, économistes, s’élèvent contre l’absence de relance européenne.

Il serait paradoxal alors que nous nous sommes fixés un objectif de 3% irréalisable, de constater que celui non réalisé nous conduit à approfondir l’austérité. Donc les décisions dans les jours qui viennent seront décisives pour le quinquennat.