le PCF entre mélenchonisation et affirmation

par · 6 février 2013

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Le 36ème congrès du PCF s’ouvre sur un texte intéressant « base commune de discussion : il est grand temps de rallumer les étoiles… » La formule de Guillaume Apollinaire fait sens.

Si le texte se propose classiquement de rompre avec le capitalisme, il pointe avec juste raison le grand piège de l’affrontement identitaire, la planification écologique chers au Parti de Gauche comme la révolution citoyenne ou le choix résolu de la dignité humaine comme sens de la gauche. Il faut aussi noter une critique bienvenue de la dérive austéritaire de l’Europe, sans que soit cité le PPE, et l’idée que l’Europe « doit devenir un grand projet humain capable de peser pour un monde de coopération » est réjouissant.

Mais le texte laisse perplexe. Le PCF n’a plus de formule de pouvoir. Il s’inscrit dans un combat initié par Jean-Luc Mélenchon de renverser le rapport de force au sein de la gauche, « Du Front de Gauche nous portons l’ambition d’en faire un grand mouvement capable de bousculer le rapport de force à gauche. La raison qui ordonne le texte est présentée ainsi « avec son refus de contester le pouvoir de la finance le gouvernement n’est pas en capacité de combattre la crise » et de conclure que le but du PCF est de changer cet état des choses. Proposant pour ce faire un « large front contre l’austérité » portée on l’a compris par le PS « tout se passe comme si l’actuelle majorité s’appliquait a gérer les suites du quinquennat précédent », il ne reste pas dans cette phraséologie de place pour l’union comme le souhaite Jean-Luc Mélenchon.

Pourtant le PCF se propose quand même aux municipales d’aller « vers les rassemblements les plus larges possibles à gauche pour faire échec aux appétits de la droite et l’extrême droite ». Le PCF invente après le non soutien et la non participation, la contestation au sommet et l’union à la base. C’est ainsi qu’il tente de « gérer » la pression mélenchoniste et la réalité de son implantation. Tant il est vrai que personne ne distingue dans les contenus et les pratiques les maires de gauche. Le communisme municipal s’est fondu dans une pratique commune de gauche. Il y a donc bien à l’occasion de ce congrès du PCF une gauche d’en haut divisée et une gauche d’en bas unifiée. Et donc un PCF pris en une mélenchonisation ideologico-stratégique: faire sauter le verrou du Parti socialiste et une affirmation tactique sur le terrain: être l’aile anti-austéritaire mais unitaire de l’union de la gauche à la base. Bonjour les adducteurs !