Budget européen

par · 9 février 2013

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Il faut avoir beaucoup de mauvaise fois pour dire que François Hollande a perdu, il en faut aussi beaucoup pour dire que l’Europe a gagné. Quand on voit la réaction hostile de tous les groupes au Parlement Européen, on voit bien que c’est David Cameron voire Angela Merkel qui sont isolés. Ce fut un compromis, il était nécessaire, il etait contraint. Il n’est pas au desavantage de la France. Loin de là.

Mais pour l’Europe ? Pour la première fois dans l’Histoire de la construction européenne, le budget de l’Union diminue, pour une fois, dans l’Histoire du Parlement Européen, une majorité écrasante de députés ont fait le choix du refus…

David Cameron, en digne héritier de Margaret Thatcher, a utilisé l’unanimité nécessaire pour obtenir un rabais capable de redorer son blason. En effet, les Anglais ne supportent plus la crise que les conservateurs sont incapables de juguler.

De la part du Premier ministre conservateur qui avait agité une fois encore la menace d’une sortie de l’Union européenne, posée comme question d’un référendum aux Britanniques, ce n’est pas glorieux, c’est un peu minable, mais pas étonnant.

Mais ce sont les pauvres qui paieront l’électoralisme aveugle, l’égoïsme sans foi ni loi de Cameron, car qu’on se le dise, réparer les dégâts des choix de rigueur coûtera au final plus cher que si on avait choisi, comme le demandait avec détermination François Hollande dans son discours du 5 février devant le Parlement Européen, un budget ambitieux au service de la croissance.

Résultat, le budget de cohésion, outil d’un développement solidaire des territoires, baisse, la politique de grands travaux ou l’Europe de l’énergie ne verront pas le jour alors qu’elles étaient des outils au service de l’emploi.

Le pire c’est le programme d’aide alimentaire qui est sabré. Avec une coupe de 200 millions d’euros, c’est 25 millions de repas par an qui ne seront plus distribués.

Derrière cette question budgétaire, il n’y a pas une querelle de chiffres ou d’interprétation de nombres, mais un enjeu politique. Le PPE a porté un nouveau coup à la cohésion européenne au nom du dogme de l’austérité. Il faudra s’en souvenir. Maintenant le Parlement Européen se propose de faire de la résistance. Si il va jusqu au bout c’est la crise, il est probable qu’il obtiendra une rallonge. Raison de plus pour soutenir son action !

 

Les commentaires1 Commentaire

  1. Pourvu que le Parlement aille jusqu’au bout, et dise franchement que ces petits égoïsmes nationaux risquent d’aboutir à une véritable catastrophe pour l’Europe : plusieurs années de ralentissement, de mollesse, à une époque où nous avons besoin de plus d’Europe pour défendre l’intérêt des citoyens. De mon point de vue, ils peuvent aller jusqu’à provoquer une crise politique, car il est temps que quelqu’un dise leurs quatre vérités à Cameron et Merkel dont le combat réactionnaire est une œuvre de nuisance.