20e anniversaire du PSE : plus d’Europe, plus de social-démocratie

par · 19 février 2013

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J’ai assisté à la réunion de la présidence du PSE qui se tenait ce lundi.

Ce fut l’occasion de dire à Peer Steinbrück, qui était exceptionnellement présent: « Madame Merkel n’avait pas préparé l’avenir de l’Allemagne et qu’elle pénalisait le présent. Il suffit de regarder les salaires et le pouvoir d’achat de la classe moyenne en Allemagne ou de voir qu’en ayant asséché l’Europe, l’Allemagne trouve moins de débouchés pour ses produits. L’automobile en Allemagne en recule de 3 points. Aussi l’idée de nos amis allemand de changer le quotidien pour garantir l’avenir est-elle très importante pour nous tous, car c’est bon pour les salariés allemands et c’est bon pour la relance européenne. »

J’ai plaidé ensuite pour que le Parlement européen marque sa différence vis-à-vis du projet de budget pluriannuel. Le budget doit progresser dans le domaine du programme alimentaire, les fonds sociaux, le fonds d’ajustement à la mondialisation ou la garantie jeunesse. Il faut aussi avancer sur une clause de révision – Ce qui fut la position finale du praesidium.

Puis ce fut la cérémonie du 20e anniversaire du parti socialiste européen. Si l’événement ne fait pas la « une » des journaux européens, il n’en est pas moins l’occasion de mesurer le chemin parcouru depuis ces années où il ne s’agissait que de « coordonner » les socialistes en Europe.

C’est une belle histoire que celle de la social-démocratie européenne. Elle fit s’unir les socialistes français, elle construisit la République allemande et la République autrichienne, elle combattit le fascisme en Europe centrale comme en Espagne, et elle se reconstruisit dans la Résistance.

C’est la social-démocratie européenne qui imposant avec un succès durable un Etat providence qui changea en profondeur la civilisation en faisant de la puissance publique un instrument au service de la justice sociale. Des libertés syndicales aux protections sociales, de la démocratie à l’émancipation, la social-démocratie assuma son choix d’une autre voix vers le socialisme que celle empruntée par le modèle soviétique. Et l’Histoire lui donna raison car jamais, elle ne transigea avec la liberté.

Les sociaux-démocrates ont façonné l’Europe que les conservateurs sont aujourd’hui en train de démanteler.

C’est en 1953, que pour la première fois, socialistes européens décident de s’organiser au sein de l’embryon communautaire européen. A cet époque, les socialistes français y faisaient figure de poids lourd. Vingt ans plus tard, le groupe devient une confédération, et la politisation de la CEE en Union européenne en 1992 au moment du Traité de Maastricht, les sociaux-démocrates européens décidèrent de former un Parti des socialistes européens qui devint plus part le Parti socialiste européen. A ce moment, l’effondrement du bloc soviétique ouvre de nouvelles terres de conquête pour la social-démocratie européenne de Varsovie à Budapest, de Sofia à Bucarest…

Retrouver une social-démocratie conquérante

Dans ses premières années, le PSE était dominant eu Europe.

Après les présidences de Willy Claes, de Rudolf Scharping puis du regretté Robin Cook, le PS fit le choix de Poul Nyrup Rasmussen. Il nous apparaissait que l’ancien leader syndical danois, puis premier ministre représentait la meilleure voie pour la social-démocratie européenne. Un parti plus politique qui ne se contenterait que simplement de « coordonner », mais d’ordonner la feuille de route des socialistes en Europe dans un moment où libéraux et conservateurs avaient le vent en poupe.

Depuis le PSE a cessé d’être un parti de dirigeants européens pour devenir de plus en plus un parti de militants européens.

« L’européanisation » des partis sociaux-démocrates est un défi permanent. Dépasser le carcan national pour monter le niveau de jeu à l’échelle continentale, voilà le but pour que le PSE redevienne la première force européenne.

20 ans c’est jeune et cet un bel âge. C’est aussi l’entrée dans l’âge adulte. Le PSE n’est pas n’importe quel parti. Quand il a fallu moderniser de jeunes démocraties sorties de la dictature en Grèce, en Espagne ou au Portugal, ce sont les socialistes qui ont été au pouvoir. Des personnalités comme Brandt, Palme, Kreisky, Mitterrand, Papandreou dont il ne faut pas oublier les réformes, sont nos « grands ancêtres ».

Cette année, après s’est doté d’une belle Déclaration de principes, le PSE va se doter d’un Programme fondamental pour dessiner le monde dans lequel nous voulons vivre et tracer le chemin pour y parvenir. Mais celui, le PSE ne peut le faire seul. Il a besoin de chacun et chacune d’entre nous.

L’Europe a changé. Le PSE est en train de changer. La fin du compromis historique entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates a créé les conditions durables d’un affrontement entre conservateurs devenus de plus en plus conservateurs et néo-libéraux et socialistes qui doivent devenus de plus en plus progressistes et déterminés à ne pas céder face aux populistes et aux forces de la finance. Le PSE ne veut pas attendre vingt ans avant de remporter le combat de la réorientation de l’Europe pour une intégration solidaire et une vie meilleure. C’est Elio di Rupo qui a trouvé la bonne formule : « face à une droite européenne décomplexée, il faut une gauche européenne décomplexée ».