Le quinquennat se joue maintenant

par · 20 février 2013

francoishollande

Le quinquennat se joue tous les jours, mais il y a des moments où se cristallisent l’attention et les décisions. Tout fait sens en même temps que les attitudes et les choix engagent le pays. Le budget européen, honorable compromis, mais déception sur la croissance européenne. L’impossibilité d’atteindre cette chimère nécessaire des 3% maintenant. Les pronostics de croissance qui tangenteront zéro. La montée vertigineuse du chômage, la sarabande de la Cour des comptes pour nous engager dans l’austerité renforcée. Sans parler de l’exigence de toutes parts de réduire la dépense publique au-delà du nécessaire, lever le pied et la France a le destin de l’Argentine. D’autant que les déficits sociaux vont nécessairement augmenter. L’austérité renforcée, ce nouveau tour de vis qu’on nous demande ici ou là. C’est – au-delà de son caractère socialement difficilement supportable – prendre le chemin du couple infernal réduction des dépenses / récession, visible en Grèce, au Portugal ou en Espagne. Il faut donc avoir beaucoup de sang froid et maintenir la ligne de redressement autour de la compétitivité, l’effort justement réparti, la maitrise des dépenses initialement promis autour de 60 milliards d’euros. Il faut réaffirmer que la trajectoire est bonne. On a jamais désendetté à ce point dans ce pays. Il faut continuer à agir en France et plaider en Europe pour les instruments de la croissance. L’Allemagne est confrontée au mur de son idéologie. Le théorème Merkozy « de l’austérité jaillira la croissance » a conduit – sous les applaudissements des conservateurs européens – à la récession qui pénalise les exportations allemandes. Barack Obama défend une vigoureuse politique de relance. Jour après jour, hommes politiques, décideurs, économistes, s’élèvent contre l’absence de relance européenne.

Il serait paradoxal alors que nous nous sommes fixés un objectif de 3% irréalisable, de constater que celui non réalisé nous conduit à approfondir l’austérité. Donc les décisions dans les jours qui viennent seront décisives pour le quinquennat.

Les commentaires2 Commentaires

  1. topaz dit :

    L’exercice de la politique apprend l’humilité. Il y a un an, la croissance était en berne dans notre pays, c’était la faute de Sarkozy qui ne faisait pas les bons choix. Un peu plus de 8 mois que la gauche est au pouvoir avec la liberté d’en faire d’autres. Pourtant notre croissance sera nulle en 2013. Les Français ont encore en mémoire les discours récents de la gauche dans l’opposition, qui se faisait fort, de retour au pouvoir, de ramener la croissance. Alors, quelle alternative au théorème « Merkozy » ?

  2. Jammy Schmidt dit :

    Je pense que tu décris très bien la situation, tant sur la plan national qu’européen. Maintenant, je pense que la véritable question restera dans l’utilisation des outils culturels et la construction d’une véritable Europe riche de son histoire, des ses langues et des ses pratiques culturelles face à la barbarie d’un capitalisme inculte mais organisé. Bravo Jean Chistophe. Alain JS.