Le calme avant la tempête

par · 24 février 2013

voyagesirak

Après avoir rencontré les plus hauts responsables des partis de Massoud Barzani et Jalal Talabani, après avoir dîné avec sa femme qui est la première dame d’Irak car son époux est hospitalisé – femme remarquable qui a combattu les armes à la main, connu l’exil, tourné des films, lancé des mouvements de femmes, sauvé les enfants de la rue – nous avons rencontré les Kurdes de Syrie, d’Iran, de Turquie et bien sûr d’Irak.

Au travers des discussions, il est évident que le sort de la région est en train de se jouer en Syrie. Si Nouri Al-Maliki, le Premier ministre irakien est contesté par tous, si chacun redoute la dictature, si le fédéralisme ne s’impose pas, la guerre civile vient. Ce qui serait un drame pour la région mais aussi pour un Kurdistan à la croisée des chemins.

Mais on en n’est pas là. Et C’est en Syrie où tout se joue. Bachar El Assad ne peut gagner mais chaque jour qui passe décompose un peu plus la solution. Les intégristes islamistes profitent de la prudence du monde occidental et les « Arabes », comme on dit ici, ne veulent entendre parler ni de Bachar El Assad ni des minorités. Ce qui renforce la prudence des Etats-Unis et de l’Europe, et ce faisant permet à Bachar El Assad de se maintenir.

La situation de la Syrie, du Liban et de l’Irak sont liés. Alors que l’Iran est asphyxié, mais s’accroche à sa bombe, l’Egypte facteur d’ordre est en dérapage incontrôlé. Israël a d’autres chats à fouetter et ne peut à lui seul stabiliser la région.

Les Etats-Unis sont partis d’Irak et semblent regarder autre part. La France a fort à faire au Mali, elle regarde la Tunisie et la Libye et elle s’intéresse plus aux colères de l’UMP après une sortie du Président au Salon de l’agriculture qu’a la géopolitique. L’Allemagne ne s’occupe que de son porte monnaie. Et l’Angleterre, déclassée, n’a plus les moyens de sa politique si ce n’est de faire chanter l’Europe.

Si les dominos se mettent en mouvement, le Kurdistan sera soit la Suisse pendant la seconde guerre mondiale soit encore et toujours la variable d’ajustement entre puissances régionales. Quand à l’Europe, elle ferait bien de suive François Hollande et Laurent Fabius qui ont reconnus le Conseil national syrien. Et il serait bon qu’elle se saisisse de cette question. Ce qui implique qu’elle réévalue sa relation à la Turquie seule puissance régionale stable et qui entend le rester en ouvrant des négociations avec les Kurdes…

La Turquie nous y serons demain.

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