La Turquie, l’Europe, et les Kurdes

par · 26 février 2013

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M. Erdogan a reçu Madame Merkel pendant que tout le monde médiatique s’affole sur le début des négociations avec le Kurde Ocalan. Il ne faut pas plus pour que l’on se demande si ce sont des pourparlers ou une véritable négociation. S’agit-il de faire plaisir à l’Europe en négociant aussi lentement avec les Kurdes que l’Europe le fait avec la Turquie ? Ou s’agit-il d’une prise de conscience que la Turquie devait organiser avec les ennemis d’hier un glacis face à la guerre civile syrienne, la possibilité qu’elle éclate en Irak et que l’Iran choisisse la terreur ou ne s’effondre sur elle-même ? Difficile de répondre et l’AKP a t-elle la réponse ? Nos interlocuteur ont des avis partagés. Les kurdes du BDP ont décidé de jouer à fond la carte. Nos amis du CHP turc sont plus circonspects. On peut s’interroger. Pourquoi alors qu’il s’agit de la question nationale, avoir exclu l’opposition de cet acte de réconciliation nationale par excellence ? Pourquoi maintenir autant de prisonniers ou refuser dans la réforme de la constitution de garantir les libertés publiques ou la laïcité ? Evidemment cela peut paraître lointain pour les Français. Mais l’avenir de la Turquie passe par celui des Kurdes qui sont le maillon fort de la stabilité dans la région. Et l’avenir de la Turquie, c’est pour nous Français ou Européens l’installation d’un Islam apaisé sans complexe et coopérant, réprouvant les djihads contre tous ceux qui sont des mécréants. Cela vaut la peine de travailler au rapprochement entre toutes les parties. C’est ce que nous avons modestement fait lors de nos entretiens à Ankara.

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